Brooklyn Anyways

17 septembre 2015 - Exposition, Inspiration

Sur le point d’accueillir la future boutique Apple, le nouveaut hotspot de New York City, où cohabitent en harmonie boutiques J.Crew et artisans de tous bords, pourrait bien devenir plus cool que cool. Longtemps enfermé dans une case étriquée de hipster supplément quinoa, Brooklyn souffle sa véritable histoire en 2015. Faubourg aux mille et une vies, paradis urbain aux allures d’ilôt idéal, voici Brooklyn anyways.

Brooklyn

Brooklyn

Melting-pot culturel, Brooklyn ne se résume que très peu aux barbus à carreaux de nos subconscients. Dépassant de loin le statut de territoire pour modeux unilatéraux, Brooklyn est un fin gourmet au palais éduqué. Jardins suspendus pour tomates artisanales, bière brassée en rooftop, ce paradis foodie où le consommer local est religion se découvre également nouvelle scène culinaire new-yorkaise. Loin devant le Manhattan chic et conformiste, Brooklyn domine au classement de la 10ème édition du Michelin New York Guide avec pas moins de huit nouvelles tables étoilées. Nos papilles en ébullition chez Delaware and Hudson, Meadowsweet, Pok Pok NY ou encore Take Root ne nous font pour autant pas oublier les adresses plus abordables du Guide Fooding 2015.

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Take Root, Delaware and Hudson, Pok Pok NY, Meadowsweet – Les petits derniers de Brooklyn au Michelin

Célébrant les quinze ans de la “Revanche des Faubourgs”, la bible du petit curieux culinaire ne s’y est pas trompée, et un bref détour sur FiveMarks suffit à découvrir les perles du borough. Du quartier de Gowanus, ex zone industrielle, où florissent les nouveaux restaurants comme The Pines, au coeur du très branché Williamsburg, où l’on croise Bill Murray sirotant un thé chez Roebling Tea Room, la découverte est de tous les instants.

The Pines – Brooklyn, NY

The Pines – Brooklyn, NY

Sur les traces d’un nouvel art de vie  urbain, le bec fin Brooklyn est un joyau délicat sous sa carapace urbaine. L’architecture brute de ses factories de briques ne trompe pas l’oeil averti qui décèle en dedans un coeur fondant au design léché, mêlant authentique et contemporain, à l’image du Wythe Hotel. Usine textile de Williamsburg construite en 1901, cette nouvelle adresse symptomatique de l’évolution de faubourg est redécouverte et transformée en hôtel en 2012. Culte, l’immense Wythe Hotel ne renferme pas moins de soixante-dix chambres et une vue imprenable sur Manhattan du haut de son bar en rooftop. Étranger au profil racoleur qu’on lui appose, Brooklyn possède ce relief authentique qui inspire et fascine…

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Le Wythe Hotel

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Un design épuré et contemporain, Wythe Hotel

Paradis Arty, Brooklyn regorge de galeries et d’initiatives créatives. Lucien Zayan, directeur de The Invisible Dog, une usine de confection à l’abandon transformée en résidence d’artistes en 2008, s’agace de l’image lisse et systématique du Brooklyn fantasmé. « L’image folklorique et touristique prédomine à l’étranger, mais la réalité est autre. Promenez-vous du côté de Brighton Beach au sein de la communauté russe, je vous assure qu’il n’y a ni tatoués ni barbus ! Pour manger végétarien ou sans gluten, il faut gagner beaucoup d’argent. » confie-t-il. Souvent considéré comme le berceau du hipster, Brooklyn a effectivement subi une certaine gentrification depuis le début de son évolution dans les années 90.

The Invisible Dog

The Invisible Dog

Banlieue new-yorkaise très pauvre durant le XXème siècle, Brooklyn devient le terreau de croissance d’ex fortunés désargentés fuyant la crise et les loyers exorbitants de Manhattan.  Désireux de redécouvrir leur authenticité perdue à travers de “vrais métiers”, ils façonnent peu à peu les nouvelles facettes de Brooklyn, aidés par une jeunesse attirée par l’anticonformisme et le souffle créatif de ce poumon new-yorkais. Au fil du temps, l’image mode du hipster s’est figée au détriment d’un mode de vie responsable où artisanal et local valent pour tous les domaines.

Brooklyn Rive Gauche

Brooklyn Rive Gauche

Réhabiliter l’âme d’un Brooklyn pollué de clichés marketing, c’est l’ambition de l’exposition de rentrée du Bon Marché. Après le Brésil et le Japon, la tendance penche donc pour ce borough new-yorkais où no logo et consommer bien sont légions… «C’est une bohème urbaine, riche de son entraide, avec une volonté de production et de consommation alternatives », explique Lise Attia, directrice commerciale du Bon Marché, à l’initiative de l’exposition. Pendant un mois et demi, l’esprit “Made in Brooklyn” se décline sur le sol parisien à travers une centaine de marques mode, beauté, enfant, déco, design et gastro.

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Une french touch fort à propos, alors même que la rétrospective “The Fashion World of Jean-Paul Gaultier : from the sidewalk to the catwalk” effectue son unique escale en terre East coast au Brooklyn Museum, et que la Fashion Week de New York fait briller la petite française Maud Heline. Distribuée chez Barneys, Colette et portée par Scarlett Johansson dans l’émission Saturday Night Live au lendemain de son arrivée en boutique, Maud Heline expérimentait avec brio sa première fashion week. Celle qui a fait ses armes chez Isabel Marant vole aujourd’hui de ses propres ailes et son studio implanté à Brooklyn semble l’inspirer…

Maud Heline, printemps-été 2015

Maud Heline, printemps-été 2015

Woody Allen, Jay-Z, Maud HelineBrooklyn, terre d’accueil du génie créatif, n’a semble-t-il pas fini de nous faire vibrer.

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