100 ANS DE BALENCIAGA

21 mars 2017 - Exposition

Cette année marque le centenaire de la première maison de couture ouverte par Cristobal Balenciaga à San Sebastian en Espagne. Sa légendaire discrétion n’aura eu raison d’un évènement célébrer en grande pompe, de Paris à Londres où sont attendues deux grandes expositions, chacune relevant différentes facettes du « couturier des couturiers », véritable architecte du vêtement qui aura conquis le respect de ses pairs et le coeur de beaucoup.

Cristobal Balenciaga, le "couturier des couturiers".

Cristobal Balenciaga, le « couturier des couturiers ».

« Le noir chez lui résonne comme un renoncement à tout ornement pour ne retenir que l’essence des formes », évoque Véronique Belloir, chargée des collections haute couture au Palais Galliera et commissaire de l’exposition « Balenciaga, l’oeuvre au noir » actuellement au musée Bourdelle à Paris. En hommage au génie de la couture, le plus français des créateurs espagnols, la capitale de la mode prend un pari osé en présentant jusqu’à soixante-dix créations autour du noir au sein des oeuvres du sculpteur Antoine Bourdelle. Si le parcours est inattendu, la proposition n’en est pas moins cohérente.

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La rencontre des deux univers révèle un défilé d’oxymores, lesquels composent une conversation poétique qu’il ne faudrait manquer. Légèreté du tissu, pois de la pierre, drapés de taffetas ou de minéraux, souplesse des matières et harmonie chromatique, jeux de lumière et oeuvres noires… le mariage est exquis et la promenade délicieuse, à en croire les intitulés : écharpe « en hermine sauvage d’une robe de cocktail et son corsage doublé de mousseline », « bouillonné cousu d’un jupon en cri sur organza satiné » ou encore  la redingote « cannelé de rayonne, entoilage en lin écru, coutures princesse au dos avec petits côtés ».

Avant de devenir sa signature, le noir était à l’origine une simple et curieuse habitude qu’avait pris Cristobal Balenciaga. Au lieu de composer ses brouillons sur toiles blanches, plus conventionnelles à l’époque, le couturier utilisait lui du noir, comme un coup de crayon. « Cela suppose une grande connaissance technique : ceux qui pensent que tailler dans le noir est plus simple parce qu’il masque les anomalies se trompent. Au contraire, le noir les met en évidence avec violence » explique Olivier Saillard, le directeur du musée de la Mode à l’origine de cette exposition. En Espagne, le noir est aussi une couleur aristocratique apprécié des rois. Noblesse et dextérité, voilà qui résume avec justesse l’oeuvre au noir de Balenciaga


Expo Balenciaga

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L’association avec les sculptures peut surprendre, pour finalement s’imposer. Après une première expérimentation avec l’exposition Grès en 2011, Corinne Magne, conférencière du Palais Galliera, savait qu’elle tenait là une combinaison gagnante. L’étude des mouvements, des formes, l’approche du corps, l’architecte de la pierre et du vêtement : ces deux métiers ne sont pas si éloignés. Balenciaga, « le couturier des couturiers » est comme un sculpteur dans l’histoire de la mode, inventeur des structures et maîtres des dimensions. Sa connaissance des techniques de coupes et son travail des silhouettes font dire de lui qu’il était l’un des rares couturiers à savoir vraiment coudre.

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Outre-Manche, le centenaire de la première maison Cristobal Balenciaga se célèbre au Victoria & Albert Museum où lui est consacré une rétrospective d’exception au travers de ses plus belles créations. Chefs d’oeuvres d’artisanat, liens étroits avec les célébrités, chapeaux couture et modèles emblématiques sont exposés aux côtés d’une sélection de photographies, croquis, vidéos et d’échantillons de tissus ayant de près ou de loin effleuré la main experte du couturier espagnol. 

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L’art du noir et les coupes magistrales n’ont jamais quitté l’ADN de la maison depuis sa reprise en 1997 par Nicolas Ghesquière à la direction artistique. Aujourd’hui, c’est Demna Gvasalia qui perpétue la tradition, en témoigne le défilé Balenciaga lors de la dernière fashion week de Paris au début du mois.

Volants volumineux et tissus bouffants : le spectaculaire était au rendez-vous pour revisiter les classiques du créateur espagnol aux sons de la modernité. Le créateur géorgien Demna Gvasalia, également à la tête de la marque Vetements, maîtrise les codes de la maison et les interprète à sa façon, sans les trahir. Proportions, démesures et matières révolutionnaires, l’âme de Cristobal Balenciaga est toujours là, 100 ans après…

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Balenciaga, l’œuvre au noir

Du 8 mars 2017 au 16 juillet 2017

Musée Bourdelle – Paris

Balenciaga : Shaping Fashion

Du 27 mai 2017 au 18 février 2018

V&A Museum – Londres

Alizee Perrin

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