Shebaw, Pam, Blop, FIAC !

30 octobre 2015 - Exposition, Inspiration

Éclipsant les festivités du Fashion Month de son giron éclatant,  la Foire Internationale d’Art Contemporain était l’évènement du mois. Du 20 au 23 octobre derniers, son flot bouillonnant a abreuvé la capitale d’une quantité d’oeuvre impressionnante, faisant de Paris la scène créative internationale la plus scrutée du moment.

FIAC 2015

FIAC 2015

Démultipliés, les espaces d’exposition ont pris d’assaut Paris, de la nef du Grand Palais aux Tuileries, de la Cité de la Mode et du Design aux Docks du XIIIème arrondissement. En marge de la manifestation, la seconde édition du Young International Artists Art Fair révélait vingt-cinq artistes contemporains de moins de trente ans via la promotion de vingt-cinq jeunes galeries… Qui n’a pas croisé le plus infime fragment de cette foire aux merveilles a sans doute découvert la clé d’un monde parallèle.

FIAC 2015

FIAC 2015

Après avoir accueilli en 2014 quelques soixante-quinze milles visiteurs en cinq jours, la nouvelle édition de la FIAC, accueillait cette année 173 galeries d’art internationales sous la verrière du Grand Palais. Avec 23 pays représentés et une belle résonance pour la France et ses 42 galeries, il s’agissait de la sensation d’art contemporain la plus étonnante de l’année. Après de longues heures de flâneries entre les galeries, la rédaction a porté son coup de coeur sur les chimères du chinois Huang Yong Ping et l’oeuvre textile de la polonaise Paulina Olowska.

Huang Yong Ping

L’Arche Saint-Gilles de Huang Yong Ping

L'arche de Noé de Huang Yong Ping

L’arche de Noé de Huang Yong Ping

Le premier, figure majeure de l’art d’avant-garde chinois des années 80 est l’un des rares à s’être installé à Paris au début de cette décennie. Fondateur du mouvement “Xiamen Dada”, il répand son goût pour le paradoxe et la déconstruction au moyen de faux vestiges animaux. Après avoir marqué la chapelle des Beaux-Arts de Paris en 2009 avec son Arche de Noé peuplée des animaux rescapés de l’incendie de la maison Deyrolle, il revient sous une nef avec L’Arc de Saint-Gilles ; une sculpture bondissante aux points de vue changeants, questionnant le temps.

Paulina Olowska

Paulina Olowska

Dans la lignée de Sheila Hicks et des artistes contemporains ayant fait les beaux jours de l’art textile en 2014, Paulina Olowska introduit à la FIAC une immense composition textile. Morceau choisi, cette polonaise née à Gdansk nous invite ici dans son univers fait de matériaux habituellement rejetés hors du champ artistique, hommage au mouvement américain des années 70, Pattern and Decoration.

Ronan & Erwan Bouroullec

Ronan & Erwan Bouroullec

Hors les murs, la FIAC vagabonde notamment du côté des Tuileries avec la demeure éphémère de Ronan & Erwan Bouroullec, duo d’architectes qui dévoilent après trois ans de travail, un habitat démontable ultra-performant montable en trois heures. Thème omniprésent de la FIAC 2015, la question de l’environnement mènera les artistes à offrir deux kiosques à la ville de Paris le 2 novembre prochain.

YIA Art Fair

YIA Art Fair

Du côté de la jeune garde de l’art contemporain, le YIA Art Fair offrait aux artistes émergents une belle visibilité dans une série de solo shows au Bastille Design Center du 22 au 25 octobre derniers. Parmi eux, la galerie Ségolène Brossette représentait le travail de Sylvie Bonnot. Dédiée à la photographie et aux arts plastiques, la galerie défend, à peine inaugurée, le travail pictural de cette obsédée du paysage. Dans sa série intitulée “De la Combustion du Paysage”, Sylvie Bonnot exploite la matière gélatineuse d’un contenu photo fait de paysages d’excès et de visions dépouillées à la Mad Max. À travers la solitude et la désolation de ces paysages, elle creuse, froisse et repose la photographie. Par un procédé d’épuisement de l’image, elle crée un nouveau paysage ; la photo n’est plus représentation mais matière et la matière devient représentation.

Sylvie Bonnot, Galerie Ségolène Brossette

Sylvie Bonnot, Galerie Ségolène Brossette

Sylvie Bonnot, Galerie Ségolène Brossette

Sylvie Bonnot, Galerie Ségolène Brossette

Sylvie Bonnot, Galerie Ségolène Brossette

Sylvie Bonnot, Galerie Ségolène Brossette

Également présente au YIA Art Fair, T&L Galerie célèbre l’art moderne d’après-guerre et la création émergente sous la forme de galeries pop-up. Présente au sein de lieux atypiques et prestigieux de Paris, elle révélait lors de cette dernière manifestation deux artistes nés en 1986 et faisant l’unanimité. Avec une technique originale de sérigraphie sur verre montér sur châssis en 3D, Natasha Lacroix transpose la photographie en vision monumentale. Son travail sur la lumière révèle la photo sous différents angles, et transforme son cadre traditionnel en scénographie vivante.

Natasha Lacroix-State of Mind II, sérigraphies sur verre, cadre en bois, 185 x 90,5 cm

Natasha Lacroix, T&L galerie

Tindar, quant à lui, est un artiste milanais installé à Rome qui nourrit son art de références littéraires et philosophiques. L’Enfer de Dante, L’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert… Ces manuscrits historiques deviennent toile de fond sur laquelle s’esquissent, à un niveau de détail époustouflant, des racines tentaculaires qui questionnent la mémoire et l’identité culturelle non sans écho à l’art asiatique.

Tindar, T&L Galerie

Tindar, T&L Galerie

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