Silence, on tourne !

22 octobre 2015 - Exposition, Inspiration

A l’heure où la tendance bleu blanc rouge remet sur le devant de la scène la Nike Cortez ayant fait courir Forrest Gump en 1994 ; où l’arrivée dans le futur de Marty McFly ravive les rumeurs de réédition des Nike Mag autolaçantes (Retour Vers le Futur, 1985), le cinéma sort le grand jeu et consacre ses géants autour d’une série d’évènements hommage.

Les Nike Cortez de Forrest Gump

Les Nike Cortez de Forrest Gump

Les Nike Mag de Retour Vers le Futur

Les Nike Mag de Retour Vers le Futur

Accueillant les travaux du génie américain Martin Scorsese pour une rétrospective et exposition, la Cinémathèque Française a dégainé en premier. Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis, Casino, Shutter Island, Le Loup de Wall Street… L’oeuvre de Scorsese est aussi dense qu’il n’est méticuleux, et l’exposition s’emploie à éclairer les travaux d’inspiration du réalisateur, point de départ de maints succès. Photos, costumes, affiches, objets cultes, storyboards, la Cinémathèque nous plonge dans l’intimité de ce cinéphile aguerri.

L'Exposition Martin Scorsese à la Cinémathèque Française

L’Exposition Martin Scorsese à la Cinémathèque Française

Ambassadeur du nouvel Hollywood, Martin Scorsese montre une approche très artistique du récit et, fait rarissime, réalise lui-même ses storyboards avec un trait de crayon assuré. Ne laissant aucune place à l’improvisation, il calcule a l’extrême chaque scène pour servir au mieux son obsession du cadre et du gros plan, son goût pour la vitesse et son plaisir du vertige qui malmènent les personnages jusqu’à les mener vers une inéluctable fin. Chef d’orchestre d’une voix off à la Truffaut (Jules et Jim) qui accélère le récit, il fait son cinéma dans un savant dosage de rythmes et instaure ses héros dans une tension constante, jubilatoire.

Martin Scorsese à la Cinémathèque Française

Martin Scorsese à la Cinémathèque Française

À l’origine de la Film Foundation pour la protection des trésors du cinéma, Martin Scorsese est un géant qui ne ploie pas sous son poids. Très intéressé par l’histoire du film, se positionnant lui même à la rencontre du classique et du moderne, il est soucieux de préserver l’héritage et la mémoire du Septième Art. Particulièrement investi dans cette entreprise, ce passionné de cinéma français et de la Nouvelle Vague réalise régulièrement des documentaires en marge de ses films et ce dessein commun qu’il partage avec la Cinémathèque lui vaudra d’être présent lors de l’inauguration du bâtiment de Franck Gehry en 2005, “demeure spirituelle” des réalisateurs du monde entier. Dix ans plus tard, il reprend donc le chemin de la France et de son patrimoine visuel à l’occasion de cette exposition.

Martin Scorsese à la Cinémathèque Française

Martin Scorsese à la Cinémathèque Française

En complément de la Cinémathèque, Arte se fait également acteur du sacre des géants avec une trilogie elle-aussi consacrée à Martin Scorsese. Cycle hommage diffusé cette semaine, “Un Voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain” est un montage d’interviews et de quelques 300 extraits de films, de l’ère du muet au cinéma underground des années 60 ; une invitation dans le museum imaginaire de Scorsese qui transmet sa passion pour de nombreux films et réalisateurs.

Belles Familles, Jean-Paul Rappeneau

Belles Familles, Jean-Paul Rappeneau

En parallèle, la sortie du 8ème film de Jean-Paul Rappeneau, “Belles Familles” (Marine Vatch, Gilles Lellouche, Mathieu Amalric…), raconte en un tourbillon de sentiments le retour d’un fils dans sa maison d’enfance, et marque un second retour : celui du réalisateur dans la famille du cinéma après douze ans d’absence. Père d’une esthétique vive et très rythmée, le cinéaste de 83 ans à l’origine du Sauvage (1975) et de Cyrano de Bergerac (1990), Jean-Paul Rappeneau appartient lui-aussi au panthéon des géants du Septième Art, en témoigne son approche très soignée du récit qu’il met parfois de longues années à accoucher, à la manière d’un romancier.

Au diapason des célébrations, la mode n’est pas en reste et célèbre à sa manière l’héritage des géants du cinéma. Le phénomène de “tribu”, très présent dans les dernières campagnes de l’automne-hiver 2016 traduit très justement la notion de casting d’acteurs. Mannequins et égéries ne sont plus les porte-manteaux souriants – ou non – d’une énième collection, mais jouent le jeu du grand cinéma dans des courts-métrages chargés d’histoire et de références. Gangs of New York rétro, la campagne Miu Miu intitulée “Subjective Reality” met les trottoirs new-yorkais en perspective avec un girls gang patibulaire quand Louis Vuitton prend au mot le film de campagne et s’offre le duo d’actrices Michelle Williams et Alicia Vikander pour sa dernière collection croisière.

Sur fond d’une électro envoûtante, le film dirigé par Patrick Demarchelier met en scène la rencontre moderniste de ces deux créatures du désert. L’une est  égérie maison et n’en est plus à son coup d’essai cinématographique, l’autre est une étoile montante d’Hollywood figurant au classement des valeurs sûres depuis ses performances dans Mémoire de Jeunesse et Ex Machina… Le malletier a provoqué leur rencontre, peut-être aurons-nous l’occasion, qui sait, de retrouver ce duo un jour dans les salles obscures…

Pour finir, est-il nécessaire de mentionner le gang Balmain qui s’agite autour d’Olivier Rousteing pour le lancement de la capsule H&M ? Après un défilé médiatisé, le lancement de la vidéo making-off semble révéler, au milieu d’un vaste mix d’inspirations entre danses de rue, K-Pop et Dynasty, un clin d’oeil à l’univers de Star Wars, LA saga du cinéma dont les premiers teasing viennent d’être dévoilés…

Coïncidence ? Je ne pense pas.

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