Babel Britain

23 juin 2016 - Design/Art, Fashion, Inspiration

A l’heure de passer au crible d’un référendum déjà historique, le Britain Exit a provoqué ces dernières semaines un réel coup de projecteur sur la capitale anglaise. Lieu de pèlerinage international, Londres a vécu ses probables dernières heures européennes entre grandeur et démesure.

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The Switch House, extension de la Tate Modern à Londres par Herzog et De Meuron

Le week-end dernier, la fête battait son plein sur la rive droite de la Tamise. Non loin de l’un des plus hauts gratte-ciels d’Europe (The Shard), la Tate Modern inaugurait sa Switch House, prouesse de verticalité et promesse de prospérité. Dans ce quartier d’affaires où sévit une incroyable course au bâtis, l’extension de l’ancienne centrale électrique transformée en hôtel de l’art en 2000 est née d’un constat d’étroitesse architecturale. Face à une fréquentation grandissante, les architectes Suisses Herzog et de Meuron ont pallié au manque de surface au sol en érigeant au ciel une pyramide torsadée. Composée de dix étages, l’édifice le plus important construit en Grande-Bretagne depuis vingt ans augmente de 60% la surface d’exposition de la Tate Modern, un mal nécessaire pour le musée d’art contemporain le plus visité au monde

The Switch House, extension de la Tate Modern à Londres

The Switch House, extension de la Tate Modern à Londres

The Switch House, extension de la Tate Modern à Londres par Herzog et De Meuron

The Switch House, extension de la Tate Modern à Londres par Herzog et De Meuron

Rupture dans  la continuité, ce tournoiement de briques ne fait pas de brocs. En phase avec le renouveau idéologique de Londres, dont Sadiq Khan – premier maire musulman d’une grande capitale occidentale – se fait l’ambassadeur, la nouvelle Tate Modern promet de montrer davantage d’oeuvres de femmes, à l’heure où les représentations “irréalistes” du corps et en particulier celui des femmes sont sur le point de disparaître des publicités dans les transports londoniens. Well done London !

Louise Bourgeois à la Tate Modern de Londres

Louise Bourgeois à la Tate Modern de Londres

Dans le même temps, une brise british soufflait sur les collections croisière 2017. Brisant l’escalade frénétique des grands noms du luxe en quête de destinations toujours plus paradisiaques pour impressionner le gotha international, les défilés Gucci et Dior avaient cette année investi la patrie de Queen Elizabeth, hommage manifeste à ce terreau d’ouverture, d’audace et de modernité.

Gucci resort à l'Abbaye de Westminster

Gucci resort 2017 à l’Abbaye de Westminster

Nouvelle poule aux oeufs d’or du groupe Kering, aux prises d’une bataille judiciaire avec Hedi Slimane, Alessandro Michele célébrait cette saison le mariage de la fantaisie italienne et de l’excentricité londonienne dans l’Abbaye de Westminster. Pour sa première fois dans l’église gothique où gît le père d’Alice au Pays des Merveilles, Gucci consolidait avec faste la nouvelle extravaganza maison. Brogues Union Jack, foulards de tête de la reine Elizabeth, platform shoes arc-en-ciel, collants sans pieds en résille ou dentelle colorée, kilt, broderies kitsch, tartan ou même lipstick turquoise métallique… Difficile de trancher entre l’hommage aux Spice Girl en plein come-back et le clin d’oeil à l’éternelle famille royale… À moins que la papesse punk Vivienne Westwood ne se glisse dans une robe de bal en tartan… Quoi qu’il en soit, Gucci dans un cloître ne fait pas de vieux os. “English culture is in a way very close to my beautiful chaos” déclarait Alessandro Michelle à la fin de la présentation, en résumé de sa jolie bigarrure terrienne.

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Gucci Resort 2017 à l’Abbaye de Westminster

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Gucci Resort 2017 à l’Abbaye de Westminster

Gucci Resort 2017 à l'Abbaye de Westminster

Gucci Resort 2017 à l’Abbaye de Westminster

Dans un style moins excentrique, la maison Dior s’essayait tout de même à un nouveau modèle d’art-istocratie au Palais de Blenheim. Un brin déjantée, hommage à la fantaisie britannique, cette croisière menait les 300 invités du défilé à quelques miles de Londres. Après un voyage à bord du somptueux Dior Express, ces derniers posaient les pieds dans l’enceinte de la bâtisse baroque du XVIIIème siècle qui connu la naissance historique de Winston churchill en 1874.

Le Palais de Blenheim, près de Londres

Le Palais de Blenheim, près de Londres

 

Dior Resort 2017

Dior Resort 2017

Dior Resort 2017

Dior Resort 2017

Dior Resort 2017

Dior Resort 2017

Dior Resort 2017

Dior Resort 2017

Contrairement à Gucci, Dior n’en était pas à son coup d’essai en ces lieux puisque la maison avait choisi d’y clôturer une trilogie. Pour autant, l’interim de Lucie Meier et Serge Ruffieux avait un certain goût de liberté, offrant à la parisienne maison une facette joyeusement fêlée. Paupière lourdement smoky, vinyl, tweed, broderies par milliers et tissage en 3D ; la campagne anglaise décontractait l’allure Dior et les basques maisons baissaient quelque peu la garde du classicisme… La messe est dite, Londres est la nouvelle Babel.

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Gucci, NYC, Juin 2016

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Dior, Paris, Mai 2016

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