D.A. au féminin!

7 juillet 2016 - Fashion, Inspiration

En fin d’année dernière, un ouragan frappait le chêne des intouchables de la mode provoquant une vague de départs foudroyante. Hedi Slimane, Alber Elbaz, Alexander Wang, Raf Simons, Stefano Pilati… Ces poules aux oeufs d’or envolées, de longues semaines se sont écoulées. Calme après la tempête, l’été 2016 voit renaître une line-up créative pour le moins féminine et les directeurs artistiques de premiers plans s’avèrent être directrices !

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Grace Wales Bonner

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Grace Wales Bonner SS17

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Grace Wales Bonner SS17

À tendance masculine, le palmarès des grands prix de la nouvelle création se féminisent et récompensent cette année deux personnalités à l’aura prometteuse. Lauréate du prix LVMH 2016 pour la jeune création, l’anglaise de 26 ans Grace Wales Bonner est loin d’être une inconnue. Diplômée de la Central Saint Martins of Art and Design en 2014, elle obtient les faveurs du L’Oréal Professionel Talent Award qui récompense sa collection de fin d’études baptisée “Afrique”. Tiercé gagnant, elle reçoit en 2015 le prix de “jeune designer de mode homme” aux British Fashion Awards avant de toucher le jackpot en tête de lice du prix LVMH. Ses 300 000 euros en poche relevés d’un mentorat d’un an gratifient son approche multiculturelle juste et bien digérée. Inspirée du dernier empereur d’Éthiopie, Haïlé Sélassié, premier chef d’État noir à avoir fait entrer un pays africain aux Nations Unies, sa collection entre Europe et Afrique offre une approche réfléchie du vêtement, vecteur identitaire et promesse d’affirmation de soi.

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Johanna Senyk du label Wanda Nylon

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Wanda Nylon FW17

Wanda Nylon FW17

Demi-finaliste du prix LVMH aux côtés de Grace Wales Bonner, Johanna Senyk à la tête du label Wanda Nylon a raflé la mise de l’Andam 2016. Après deux collaborations saluées par la critique avec Printemps puis La Redoute, celle qui s’est fait connaître avec son outerwear spécialisé dans les matières plastiques reçoit 250 000 euros méritants et deux ans de parrainage de Geoffroy de la Bourdonnaye, président de Chloé. Pour cette 27ème édition du concours, elle succède notamment à Martin Margiela, Viktor & Rolf et Christophe Lemaire grâce à l’expérimentation de nouveaux matériaux et une sensibilité plutôt urbaine. À la descendance de cette lignée d’hommes, la trentenaire défile depuis deux ans à Paris avec un vestiaire complet qu’elle avoue adresser à “une femme qui travaille, non une femme oisive”, et quand on lui fait remarquer que ce discours est celui d’une féministe, elle assume sans hésiter.

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Maria Chiuri pour Dior

Du côté des D.A. seniors, la reconquista est également en marche chez les femmes. Longtemps verrouillé par des profils masculins glorifiés, le paysage créatif des labels luxes promet de changer. Plus de discrétion peut-être, autant de créativité assurément, et, qui sait, l’assurance d’un avenir apaisé, la figure féminine a repris le pouvoir chez les directeurs artistiques de haut rang. Chez Dior, c’est Maria Chiuri qui a récemment fait l’objet d’un couronnement officiel par la maison orpheline en proie à une baisse des ventes depuis le départ surprise de Raf Simons en octobre 2015. Première femme à reprendre la direction artistique de Dior, sixième styliste après Christian Dior, la romaine Maria Grazia incarne par sa seule condition de femme une petite révolution au sein de la maison. Co-directrice de la création Valentino depuis le départ de Valentino Garavani en 2007, son tandem signe le renouveau de la marque après un séjour chez Fendi. Réputée pour son romantisme élégant et sa prolifique culture de l’accessoire, elle officiera désormais seule aux commandes du géant Dior.

Bouchra Jarrar

Bouchra Jarrar pour Lanvin

Chez Lanvin, c’est une autre femme qui était nommée en mars dernier pour succéder à Alber Elbaz. Pointé du doigt par la propriétaire de la marque Shaw-Lan Wang en raison d’une baisse des ventes continue depuis 2012 et aggravée depuis 2014, Alber Elbaz avait pourtant provoqué un soulèvement interne à l’annonce de son départ brutal. Aujourd’hui, la nomination de Bouchra (“bonne nouvelle” en arabe) Jarrar est accueillie avec un enthousiasme non feint. De son côté, cette fille d’immigrés marocains, pur produit de l’école publique et gratuite Duperré ne cache pas sa joie d’ avoir intégrer la maison de Jeanne Lanvin, mère talentueuse ayant “commencé toute seule dans une chambre de bonne”. Au programme, délicatesse maîtrisée, poésie de l’épure, opulence des matières et probablement un avenir serein pour la maison Lanvin.

Nadège Vanhee Cybulski pour Hermès

Nadège Vanhee Cybulski pour Hermès

Enfin, discrète mais affirmée à l’image de sa mode, Nadège Vanhee Cybulski acceptait la succession de Christophe Lemaire à la direction du prêt-à-porter femmes chez Hermès en 2014. Un petit évènement pour la maison qui n’avait pas vu de femme directrice artistique depuis Catherine de Kàroli en 1966 ! Issue de la “génération studio”, ces créateurs ayant fait leurs preuves dans l’ombre des grands, elle est l’incarnation même de l’épure fonctionnel avec un vestiaire qu’elle revendique “réaliste”. Entre cuir waterproof et lycra, Nadège Vanhee Cybulski apporte sans conteste un souffle contemporain à l’illustre maison Hermès…

Who run the world? Girls!

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Lanvin, Paris, Juillet 2016

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Hermès, Paris, Juillet 2016

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