Girls Gang

16 juillet 2015 - Fashion, Inspiration

Avec l’avènement des nineties dans l’univers musical actuel, une nouvelle génération de filles prend le pouvoir. Inspirées des Girls Bands de notre enfance, ces meutes de filles 2.0 dominent à présent le monde à la manière d’héroïnes de Tarantino, et la mode ne s’y est pas trompée. Prenant la relève des crews de supermodels des années 90, les Girls Gang du XXIème siècle célèbrent une féminité mutante.

Spice Girls

Spice Girls

Années 90, début de l’histoire. Sur les murs de votre chambre, des centaines de posters des Spice Girls. Dans votre tête, Wannabe en boucle. Si le terme Girls Band n’existait pas, Gerry, Emma, Mel. B, Mel. C et Victoria l’auraient inventé. Une féminité flirtant avec le vulgaire, le nombril à l’air jouant naïvement avec les codes préados, le groupe de pop britannique rend hystérique toute une génération de jeunes filles en fleurs. Très vite, les Destiny’s Child ajoutent leur grain de sel à l’extase ambiante et le trio hyper-sexualisé s’époumone aux rythmes de Survivor, a priori ravi d’aviver en nos esprits juvéniles les prémices d’une flamme revendico-féministe.

Destiny's Child

Destiny’s Child

Dans le même temps, la mode s’empare du phénomène et Peter Lindbergh immortalise en janvier 1990 le clan des Big Six en couverture de Vogue. Rayonnantes de jeunesse, délirantes de beauté, les six supermodels Tatiana Patitz, Cindy Crawford, Linda Evangelista, Naomi Campbell, Christy Turlington et Claudia Schiffer consacrent pour l’éternité le concept de Girls Band, symptomatique de la décennie.

Les Big Six, Vogue, Janvier 1990

Les Big Six, Vogue, Janvier 1990

Le grand bouleversement des années 2000 enfouit pourtant le phénomène de groupe et célèbre les individualités dans toute leur splendeur. Après implosion, les Girls Band sont en voie de disparition quand les Anges de Victoria’s Secret, concept de mannequins exclusifs lancé en 1997, viennent redistribuer les cartes de la génération Girls Band. Femmes fatales à peine sorties de leur puberté, les Anges transforment peu à peu l’idée initiale et posent les jalons du Girls Gang. Ultra-influentes et 100% connectées, elles imposent un nouveau genre de séduction, entre jeunesse naïve et poison addictif

Les Anges de Victoria's Secret

Les Anges de Victoria’s Secret

En 2014, Anaïs Anaïs relance son Premier Délice, parfum de notre enfance, et fait appel à la jeune photographe Olivia Bee pour lancer sa campagne de communication #GirlsTribu. Hommage à son jus originel, la relance d’Anaïs Anaïs s’empare de ce nouveau mouvement. Clips vidéos, séries télévisées et campagnes de prêt-à-porter… Conscients qu’un bouleversement est en train d’arriver, tous se mettent alors à surfer sur cette séduction 2.0. La féminité renouvelée façon meute de louves conquérantes convoque dès lors une imagerie parfois violente mais toujours nuancée d’un recul amusé, à l’image de la série Girls ou des lesbiennes attendrissantes d’Orange is The New Black – déjà en route vers la saison 4.

Orange is The New Black

Orange is The New Black

Pendant ce temps, Taylor Swift invite ses million dollar girls dans son clip Bad Blood, ersatz féministe des gangs de la nuit de Sin City ;

Rihanna et ses amies piercées se mettent au kidnapping dans #BBHMM, clin d’oeil non dissimulé aux furies de Boulevard de la Mort et le film évènement Mustang pousse jusqu’au bout le concept de Girls Gang dans une version hyper réaliste de Virgin Suicides, célébrant sans fards la féminité explosive d’esprits indomptés.

What else ? La mode ! Après le gang de filles très second degré de La Piscine, fashion film de Jacquemus réalisé pour l’automne-hiver 2013, des marques de mode hyper médiatisées s’emparent de la génération Girls Gang pour leurs campagnes automne-hiver 2015, à l’image du dernier film Miu Miu, “Subjective Reality”.

Mettant en scène des groupes de filles rivales dans une rue inquiétante, cette vidéo impose le Girls Gang là où les labels mode consacrent traditionnellement une égérie. Regards de travers, trafic de sac à main… Les quelques hommes disséminés ça et là ne s’interposent étrangement pas au milieu de ce qui pourrait bien muter en rixe de rue version jeunes filles lookées effarouchées…

Plus futuriste, la vidéo de campagne Prada automne-hiver 2015 vue par Steven Meisel célèbre à son tour un gang de jeunes filles façon clones mutants, errant dans un no man’s land immaculé… Girls gang, à qui le tour ?

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