Textile connecté

5 novembre 2015 - Fashion, Inspiration

On dit qu’ils représentent l’avenir de la filière textile et les ingénieurs planchent dessus sans relâche. Initiée avec le boum des smartphones, la course aux textiles connectés est synonyme d’une nouvelle ère pour le vêtement traditionnel.

La Fashion Tech Week de Paris 2015

La Fashion Tech Week de Paris 2015

En marge de la fashion week parisienne, la deuxième édition de la “Fashion Tech Week” qui se tenait à Paris du 18 au 26 septembre dernier réunissait des acteurs de premiers choix ayant pour objectif d’élaborer et de développer des interactions entre la mode et les technologies avancées. Un essaim bigarré de marques de prêt-à-porter, marques de luxe, créateurs, codeurs, startups et hackers s’affairait donc autour des textiles dits “intelligents” pour écrire ensemble la suite de l’histoire de la Mode.

La technologie made in France de Citizen Sciences

La technologie made in France de Citizen Sciences

Alliage de textile technique et de technologie, ces textiles intelligents destinés à l’habillement n’ont pour la plupart pas encore passé le cap de l’industrialisation mais bousculent déjà le domaine des “wearable technologies” avec par exemple des vêtements capables d’imprimer un message à partir de fibre optique (“e-wear”) ou des pastilles thermosensibles qui se fixent sur les chapeaux d’enfants et bracelets pour mesurer l’exposition aux UVS (MySense). À date, le nombre de projets liés à cette technologie de pointe menace dangereusement l’avenir des cannibales du marché “wearable”, des derniers bijoux connectés de créateurs à  l’Apple Watch.

Startup lyonnaise spécialisée dans le développement des textiles connectés, Citizen Sciences est née en 2008 avec l’ambition de devenir le spécialiste de la conception, création et du développement de textiles connectés. Après des premiers par réussis à 2014, lors de la présentation de son D-Shirt, t-shirt digital permettant de suivre les performances d’un sportif en direct ou en différé via son smartphone, l’entreprise venait présenter son nouveau numéro au Consumer Electric Show (CES) de Las Vegas en janvier dernier. À cette occasion, l’espoir français du textile connecté dévoilait une nouvelle version de son D-shirt, agrémenté de nouveaux capteurs, ainsi qu’un cuissard connecté pensé pour les cyclistes et développé avec la technologie D-shirt.

Le D-shirt de Citizen Sciences

Le D-shirt de Citizen Sciences

Le textile intelligent de Citizen Science

Le cuissard intelligent de Citizen Science

Après avoir prouvé sa capacité à transformer le vêtement en une source d’information d’une précision et d’une richesse sans pareil, Citizen Sciences présentait son projet développé avec l’équipementier sportif japonais ASICS, avec qui la startup a signé un accord pour développer et commercialiser un maillot connecté. Mais très vite, son CEO Jean-Luc Errant annonçait travailler sur d’autre projets dans le but d’imposer son savoir-faire à d’autres secteurs comme la santé ou la sécurité des personnes.

Uniqlo - Umood

Uniqlo – Umood

Uniqlo - Umood

Uniqlo – Umood

 

De plus en plus demandeur, le marché du textile intelligent progresse à vitesse grand V, au point de se démocratiser en contaminant les acteurs internationaux de la fast fashion. Après le pull qui révèle notre humeurgrâce à des capteurs, dévoilé en 2013 lors de l’exposition “Futurotextiles” à la Cité des Sciences de Paris, Uniqlo dévoilait fin octobre sa plateforme Umood capable de sélectionner un t-shirt correspondant à l’humeur de ses clients. Développé avec un docteur spécialiste en neurosciences de l’université de Melbourne, le programme à la base de Umood scanne les ondes cérébrales émises par le client pour sélectionner ensuite un t-Shirt Uniqlo adapté à son état d’esprit du moment. Disponible dans les boutiques de Sydney et Melbourne pendant tout le mois d’octobre, Umood tombe à pic pour Uniqlo et ses 600 t-shirts disponibles à la vente.

Eram en boutique

Eram en boutique

Si le géant japonais, précurseur dans le domaine des technologies textiles, n’étonne que très peu avec cette incursion dans le domaine des nanotechnologies, le premier fabricant français de chaussures Eram surprenait la profession en octobre dernier avec la présentation d’un projet de chaussure connectée. Après avoir obtenu le prix de l’enseigne connectée pour son nouvel e-shop et sa stratégie “cross canal” lors de la Nuit du Commerce Connecté, Eram révélait au magazine Ouest France avoir développé un prototype de sandales capables de changer de couleur à l’infini en quelques clics, grâce à des fibres intelligentes remplaçant les fibres textiles traditionnelles. Reliées à deux leds placées dans la semelle, ces fibres sont pilotées par une application smartphone et offrent à ce jour une autonomie de quatre à cinq heures. Rechargeables par simple contact, ces semelles du futures développées avec l’agence de digitalisation Phoceis ont encore de beaux jours devant elles avant d’entamer leur processus d’industrialisation mais représentent déjà un grand pas pour le marché de la mode française.

Et Google ? Encore discret sur le sujet, le géant digital frappait un gros coup en mai dernier lors de sa conférence Google I/O en révélant ses ambitions concernant les textiles connectés à travers son projet Jacquard. Faisant référence au traditionnel métier à tisser, ce nom de code dévoilait l’intention de Google d’industrialiser la fabrication de tissus communicants pour que vêtements et meubles se transforment en surfaces tactiles interactives. Composé de fins alliages métalliques mélangés à des fils naturels et synthétiques (coton, polyester ou soie) assez robustes pour résister au métier à tisser, le fil jacquard devrait permettre de répondre à un message reçu par simple pression sur son pantalon ou sa veste…

Prévue pour 2016, l’issue de ce projet pourrait bien ébranler nos modes de vie à tout jamais puisqu’il s’agirait d’une première ligne de vêtements intelligents en partenariat avec la marque Levi’s. Voilà qui devrait contenter Marty McFly !

© dailyshopwindow.com | http://bit.ly/1MKxy0j