Archi Asia

28 mai 2015 - Inspiration

Savant équilibre d’utile et d’agréable, l’architecture est au bâtiment ce que la mode est au vêtement, pur produit des mains de l’homme, transposition 3D du Beau. Si les normes françaises constituent un obstacle déterminant au rayonnement architectural des grands du luxe, l’Asie est une terre d’accueil sans égal pour qui peut saisir son attractivité commerciale. Dans cette contrée, les Maisons de mode laissent exploser le savoir-faire d’architectes de renom pour promouvoir leur patrimoine historique. Aussi remarquables que leurs produits de mode, ces buildings portent leur renommée à l’International. Ayant souvent pour unique contrainte de répondre aux normes parasismiques locales, les construction made in luxe étirent et modèlent béton, verre et acier, offrant de véritables sculptures retail. Tordant le cou à la rigidité brute du matériau, ils rivalisent d’ingéniosité à travers d’étonnantes constructions. Tour d’horizon des plus belles créations archi Asia.

Prada store Tokyo, Herzog and de Meuron, 2003

Prada store Tokyo, Herzog and de Meuron, 2003

Vivier de l’innovation mondiale et ville de tous les possibles, Tokyo remporte la première place du podium architectural asiatique. Harmonie unique au coeur de l’immense fatras de bâtis de la ville, prouesses et démesure s’y retrouvent en paix, épanouies dans l’absence de règlementation la plus totale. Territoire où prolifèrent en nombre les géants du retail, la capitale japonaise n’est autre qu’une jungle artificielle ayant épousé l’hétérogénéité architecturale. Hauteurs, surfaces et formes parfaitement dissociées, les flagships luxe tokyoïtes font fi de toute tradition, laissant exploser le culte de l’archi individualisme.

Prada store Tokyo, Herzog and de Meuron, 2003

Prada store Tokyo, Herzog and de Meuron, 2003

Authentique emblème de la confusion tokyoïte, l’édifice Prada érigé en 2003 dans le quartier d’Aoyama est pourtant l’expression-même d’un raffinement sans prétention. Tour matelassée de losanges de verre incurvé, la douceur de sa silhouette diffracte les produits qu’elle reflète, offrant aux passants un profil changeant aux perspectives kaléidoscopiques, juste équilibre d’hyper artificiel et d’ultra naturel dans son enchevêtrement de bois, de verre et d’acier. 

Hermès Tokyo, Renzo Piano, 1998-2001

Hermès Tokyo, Renzo Piano, 1998-2001

Autre symbole de plasticité architecturale, le flagship Hermès Tokyo de l’architecte Renzo Piano est une tour de verre aux arrêtes arrondies. Cocon fuselé de douceur, l’édifice translucide inauguré en 2006 rappelle sans détour l’extrême savoir-faire de la Maison. Tour de glace de 45 mètres de long, cette mue de verre vernie à la main ne pouvait mieux exprimer l’éventail des métiers de l’écurie française. 

Coach Tokyo, Office for Metropolitan Architecture (OMA), 2013

Coach Tokyo, Office for Metropolitan Architecture (OMA), 2013

Variation de verre, l’édifice Coach Tokyo est un original parmi les originaux. Énième cube vitré, il ose pourtant rompre avec les façades lisses de ses congénères, un essentiel parmi l’accessoire de l’archi Asia. Plus débridée, cette imposante construction façon bibliothèque n’est pas sans rappeler les étagères en bois dans lesquels étaient présentés les portefeuilles et sacs en cuir de la Maison Américaine dans les années 40. 

Chanel Tokyo, Peter Marino, 2004

Chanel Tokyo, Peter Marino, 2004

Plus inhabituel, l’immeuble Chanel Tokyo édifié en 2007 est pensé comme un cube diffracté. Tourbillon de verre et d’acier, le mastodonte architecturale offre sept étages enroulés autour d’une tour centrale, disséminant ici et là terrasses et baies vitrées.  Perturbant l’impassible verticalité, le flagship Chanel est un splendide panneau publicitaire dans la jungle tokyoïte.

Tod's Tokyo, Ito & Associates, 2004

Tod’s Tokyo, Ito &, Associates, 2004

Plus végétal, le flagship Tod’s inauguré en 2004 imite les ramures de l’arbre, bulle d’oxygène dans l’océan de verre de la capitale. Nouvelle prouesse de verre et de béton, ses croisillons géométrique ont cet atypisme intrigant qui offre à l’enseigne luxe sa façade de gloire.

Miu Miu Tokyo, Herzog and de Meuron, 2015

Miu Miu Tokyo, Herzog and de Meuron, 2015

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 Dans ce méli-mélo de verre et d’acier où les architectes se délectent de la dichotomie intérieur/extérieur avec des édifices très souvent transparents, et alors que l’espace de l’intime se retrouve exposé en place publique, le flagship Miu Miu imaginé par le duo Herzog & De Meuron contraste dans une parfaite discordance architecturale. Identifiable entre tous, cet espace fermé pensé comme une boîte d’acier brossé fendue en deux clame haut et fort sa différence.

Miu Miu Tokyo, Herzog and de Meuron, 2015

Miu Miu Tokyo, Herzog and de Meuron, 2015

Posée à même la rue, la première boutique japonaise de Miu Miu est à ce titre une fantaisie des plus remarquables. Située en face de sa grande soeur Prada, achevée en 2003 par le même duo à l’esthétique subversive, elle dissimule, sous un hauvent no logo surdimensionné, 720 mètres carrés de boutique. L’idée de vitrine complètement bousculée laisse place à une maison opaque où la notion d’intérieur reprend possession de ses droits. Plus secret qu’accueillant, ce mystérieux OVNI est une exception au profil racoleur des boutiques de luxe de ce quartier archi Asia.

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Louis Vuitton Tokyo, Aoki Jun & Associates, 2013

Louis Vuitton Tokyo, Aoki Jun & Associates, 2013

Après Tokyo escale à SingapourLouis vuitton étend son empire sur un ilot flottant au-dessus de Marina Bay Sands. Après l’évènement international que fût l’inauguration de la Fondation Louis Vuitton, la Maison de luxe n’a évidemment plus à faire ses preuves. Pourtant, l’implication architecturale et artistique de Louis Vuitton tire son épingle du jeu parmi la centaine de flagships cubiques posés au sol. Pavillon de cristal pointu et distordu, l’édifice Louis Vuitton incarne l’essence de sa maison de mode, à la fois innovant et futuriste.

Paul Smith Séoul, System Lab, 2011

Paul Smith Séoul, System Lab, 2011

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Paul Smith Séoul, System Lab, 2011

Paul Smith Séoul, System Lab, 2011

Escale en terre coréenne pour clôre cet aperçu archi Asia. Nouvelle lubie des géants du luxe, Séoul voit son attractivité récente bâtir un tout nouveau profil. Le plus bel exemple est sans doute le flagship Paul Smith, immense coquille blanche ectoplasmique de 330 mètres de large. Comme Miu Miu Tokyo, ses architectes ont fait le choix de l’opacité pour plus de curiosité. Intrigante est pour le moins ce qui qualifie cette bulle de mode incurvée aux quelques vitres paquebot. Non loin d’ici, dans la capitale coréenne se dresse aussi le flagship 3.1 Philip Lim. Conçu par l’architect Leong Leong, il défie la verticalité de sa façade blanche mouvementée…

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3.1 Philip Lim Séoul, Leong Leong, 2009

3.1 Philip Lim Séoul, Leong Leong, 2009

Alors que l’exposition “Esprit Dior, Miss Dior” poursuit sa route asiatique avec une escale à Pékin, et si la France n’a pas à rougir de ses constructions récentes, est-il encore nécessaire de préciser l’incroyable avance architecturale de cette partie du globe ?

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Miu Miu, Milan, 05/15

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Prada, Milan, 05/15

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3.1 Phillip Lim, NYC, 05/15

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Coach, NYC, 05/15

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