Berluti : l’art en vitrine

12 novembre 2015 - Inspiration

Cultivant un classicisme décalé depuis près d’un siècle, le chausseur à l’origine de la couleur dans l’univers du soulier pour homme révèle un regard unique sur le raffinement et l’impertinence de son art. Déjà en 2014, le célèbre bottier Berluti annonçait une immersion dans l’humour en invitant Batman et Superman dans ses vitrines. A la rentrée, c’est au tour de l’artiste Jorge Lawerta de s’inspirer du jeu du cadavre exquis, jeu préféré des surréalistes dans les années 20, pour des vitrines associant les dessins modernes et pop aux silhouettes Berluti.

Berluti X Jorge Lawerta, vitrines dailyshopwindow

Berluti X Jorge Lawerta, vitrines dailyshopwindow

Avec le froid de novembre, comme chaque année, s’installent décorations de fêtes et vitrines de Noël. Plus confidentielles que les fastueuses devantures des Grands Magasins parisiens, les vitrines du bottier Berluti, peuvent se vanter d’une créativité savamment aiguisée. Après une délicieuse mise en bouche dégustée en septembre, Berluti nous invite à passer à table avec ses vitrines de Noël

Les coloris Berluti

Les coloris Berluti

La patine Berluti

La patine Berluti

Bottier depuis 1895, Berluti a étendu, au fil du temps, justesse des coupes et noblesse des matières à la maroquinerie puis au prêt-à-porter pour habiller l’homme des pieds à la tête avec un vestiaire référence du luxe au masculin. Riche d’une modernité sans cesse renouvelée, Berluti a pourtant bâti sa légende dorée sur un art aujourd’hui légendaire. Développée dans les années 80 alors que la plupart des souliers s’habillent d’un noir ou d’un bordeaux ennuyeux, la patine du cuir réalisée à la main par des artisans coloristes est unique et donne son âme au soulier… De Jean Cocteau à Andy Warhol, Berluti a toujours su séduire par l’élégance intemporelle de ces souliers d’exception, et les cinquante heures de travail que nécessitent chaque paire sur-mesure les élèvent sans conteste au rang d’oeuvres d’art.

Berluti X Tobias Tovera, "La Patine du Temps", vitrines dailyshopwindow

Berluti X Tobias Tovera, « La Patine du Temps », vitrines dailyshopwindow

Ayant su apprivoiser le passage du temps à travers l’art de la patine qui injecte à la modernité des souliers un charme suranné, Berluti convoquait en septembre dernier les talents de l’artiste américain Tobias Tovera pour rendre hommage à l’ADN maison. Capturant l’oeuvre du temps sur les matières en recréant leur embellissement ou dégradation à l’aide de teintures et pigments, sa signature proche de l’univers Berluti ne saurait être meilleur écho à l’art de la patine. Ainsi, plusieurs de ses oeuvres créées avec la même patine utilisée pour les cuirs Berluti dans la série “Diffusion du Pigment” ont habillé les vitrines des boutiques de la marque à la rentrée dernière, rendant ses lettres de noblesse au savoir-faire maison. Hypnotiques et presque méditatives, ces peintures en toiles de fond des souliers patinés illustraient un vortex fait de profonds dégradés où l’expérience du temps devenait alors véritablement sensible.

De retour en ces premiers jours de novembre, la sensibilité artistique de la maison Berluti s’illustre dans des vitrines pensées sur le thème du dîner et des festivités de la table. Si la gastronomie est en phase avec l’art de vivre Berluti, cette installation est avant tout un clin d’oeil au Club Swann historique et cher à la maison. Né en 1992 et nommé par Olga Berluti en hommage au chef d’oeuvre de Marcel Proust, il réunit une a deux fois par an de prestigieux clients dans un lieu d’exception.

Le Club Swann de Berluti

Le Club Swann de Berluti

Berluti, vitrines de Noël photographiées par Thierry Courmaceul

Berluti, vitrines de Noël photographiées par Thierry Courmaceul

Display de Noël à l'intérieur du magasin Berluti

Display de Noël à l’intérieur du magasin Berluti

Au coeur de cette rencontre, le dîner est un moment d’échange où la communauté Berluti placée au coeur du processus créatif  partage ses idées et envies souliers afin de nourrir l’inspiration maison. En guise de dessert, une maîtresse de cérémonie porte la leçon de cirage et chaque invité, alors en chaussettes, prend part au rituel. À l’issue du défilé automne-hiver 2015, une suite de mets concoctés par le chef Thierry Marx fut servie aux hôtes du Salon 1900 du Musée des Arts Décoratifs de Paris, avant de laisser place aux maîtres d’hôtel venus servir, sur assiettes, leurs souliers aux convives. Cerise sur le gâteau, Mademoiselle Agnès en maîtresse de cérémonie vint clore ce traditionnel rassemblement pour le rituel du cirage, agrémenté pour l’occasion d’une touche d’impertinence justement dosée… À table !

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