Shirley Visions of Reality

10 septembre 2014 - Inspiration

L’été indien prend ses aises dans notre quotidien et l’automne arrive à peine à s’insinuer dans nos esprits égarés. Pourtant il est temps de se plonger dans les inspirations de saison. Si vous rencontrez toutefois quelques difficultés, Shirley Visions of Reality, le film réalisé par Gustav Deutsch  sortie le 17 septembre, est là pour vous guider.

Shirley Visions of Reality (2014)

Shirley Visions of Reality (2014)

Fasciné par le travail du peintre naturaliste Edward Hopper, le réalisateur autrichien propose une expérience cinématographique époustouflante où prouesses techniques et sensibilité artistique donnent vie à treize chefs d’oeuvres de la peinture d’Hopper, véritable mine d’or pour les campagnes automne-hiver 2014/2015 qui revisitent sa gamme couleur autant que ses mises en scène.

Architecte, musicien, photographe et surtout maître du documentaire et de l’expérimental contemporain, Gustav Deutsch nous offre pendant quatre-vingt dix minutes un exercice de style hors norme attestant de toute la virtuosité d’un Hopper maître du drama pictural qui influençât et influence toujours bon nombre de cinéastes. Alfred Hitchcock, Wim Wenders, David Lynch… Tous ont cherché à retranscrire la tension silencieuse qui se dégage de ses toiles et la puissante mélancolie qui en émane. Cadrages, effets d’éclairage et mises en scènes… Cinéma et peinture ne font qu’un sous le pinceau d’Hopper comme sous le regard de Gustav Deutsch.

Office at night Edward, Edward Hopper (1940)

Office at night Edward, Edward Hopper (1940)

Scène du film Shirley Visions of Reality

Scène du film Shirley Visions of Reality

« Shirley n’est pas un songe, c’est une vision de la réalité. » Imitant l’art par l’art, Shirley Visions of Reality dépeint la vie d’une jeune américaine avec un réalisme rare, suivant les traces de son maître Edward Hopper qui peignait la vie quotidienne des classe moyennes. Couvrant trois décennies – des années 30 aux années 60, de la crise de 1929 à l’Après-Guerre – Gustav Deutsch interroge les genres picturaux et la reproduction de la réalité au moyen de l’illusion… En reproduisant les tableaux d’Hopper, il inverse les rôles et décuple la profondeur de son oeuvre : si l’art est une illusion qui reproduit la réalité et que la réalité est l’art, l’art serait-il la vision la plus juste de la réalité ?

Room in New York, Edward Hopper (1932)

Room in New York, Edward Hopper (1932)

Scène du film Shirley Visions of Reality

Scène du film Shirley Visions of Reality

Une chose est sûre, ce brouillage des genres interpelle et convainc, mettant en lumière les frontières poreuses entre la peinture, le cinéma et… la mode. Cet automne, les campagnes luxe se font mystérieuses et presque inquiétantes, jouant sur les effets fantastiques de la perspective comme les campagnes Louis Vuitton ou Bottega Veneta. La femme de la saison est charismatique, libérée, indépendante comme l’héroïne anticonformiste Shirley, rappelant la femme Givenchy, Dior, Chanel ou même Chloé

Intermission, Edward Hopper (1963)

Intermission, Edward Hopper (1963)

Scène du film Shirley Visions of Reality

Scène du film Shirley Visions of Reality

Mais au-delà de l’histoire, la prouesse de Shirley Visions of Reality est le soin porté à la couleur. Travail d’orfèvre digne des plus grands savoir-faire couture, le film parvient à capturer la gamme couleur Hopper au pigment près, retranscrivant le plus fascinant du travail du peintre : la maîtrise des contrastes.

Western Motel, Edward Hopper (1957)

Western Motel, Edward Hopper (1957)

Scène du film Shirley Visions of Reality

Scène du film Shirley Visions of Reality

Ombre et lumière, chaud ou froid, les jeux de contrastes inspirés d’Hopper sont plus que jamais de saison comme les teintes rétro qui s’en donnent à coeur joie. Orange amère, argile, khaki, sapin, nude rosé, taupe, bleu ciel, bleu nuit, ardoise et moutarde… Toutes les teintes Hopper sont dans les collections de l’automne, très marquées sixties.

Sunlight on Brownstones, Edward Hopper (1956)

Sunlight on Brownstones, Edward Hopper (1956)

Scène du film Shirley Visions of Reality

Scène du film Shirley Visions of Reality

Passé, présent, futur, art et illusion, les contraires s’entremêlent dans une perte de repère des plus totales. En reproduisant les oeuvres du peintre, Gustav Deutsch retranscrit l’air du temps avec une précision au millimètre. Trend-setter qui s’ignore, la majorité des oeuvres d’Hopper ont par un heureux hasard été léguées à sa mort au Whitney Museum of Art de Dallas, également élue ville de la saison… Coïncidence ?

Gamme couleurs Hopper

Gamme couleurs Hopper

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