Nathalie Cottin, Interview

27 août 2015 - Interview

Directrice artistique chez Monoprix depuis cinq ans, Nathalie Cottin nous dévoile les prochaines collaborations de la rentrée ….

Nathalie Cottin

Nathalie Cottin

Quelle est selon vous, la différence majeure entre votre travail chez Monoprix et l’élaboration de collections pour un label mode traditionnel ?

Les collections Monoprix se conçoivent comme n’importe quel label de mode. Monoprix est aujourd’hui une marque qui crée ses modèles exclusifs grâce à un bureau de style intégré. Je travaille avec une équipe de stylistes spécialisés chacun dans un secteur, qui partage en permanence leur création et développement .

L’enseigne offre un grand nombre de modèles par saison puisque Monoprix implante une nouvelle histoire de mode tous les 15 jours, soit à peu près 11 thématiques différentes par saison.

Cette offre large permet de se diversifier beaucoup plus qu’une marque de mode traditionnelle.

Mais la différence est la transversalité entre la femme, l’homme et l’enfant. Cela nous permet de développer des  thèmes plus en profondeur .

Monoprix est devenue une marque à part entière avec des collections Femme, Homme et Enfant, comment travaillez vous la transversalité ?

La transversalité est notre cheval de bataille depuis plus de 5 ans. Nous l’avons travaillé au sein du textile pur, pour bien recréer cet univers familial, tribut si important pour Monoprix : « TOUT SOUS LE MEME TOIT, DU BEAU ACCESSIBLE À TOUS ». On retrouve donc les mêmes influences, à un instant précis, en magasin aussi bien chez la femme, l’homme, l’enfant que l’accessoire, la lingerie, le bébé.

Il y a 3 ans environ, le secteur maison a rejoint le textile pour un véritable « STYLE LIFE MONOPRIX ».

Y a-t-il une cohérence entre la stratégie de communication “décoiffante” de Monoprix et le positionnement fashion des collections ?

Absolument, nous cherchons en permanence à innover, à nous challenger pour surprendre notre cliente qui vient en moyenne chez nous 3 fois par semaine. Il faut donc accrocher au quotidien son œil avisé.

Lors de l’élaboration d’une collection, quels sont les impératifs de style auxquels vous devez répondre ?

Il n’y a pas réellement d’impératif style puisque nous faisons en sorte de sélectionner des créateurs qui séduiront notre clientèle. À partir de là, seuls les impératifs qualité, prix et délai de production pourront nous contraindre.

En style, Monoprix assume un certain rôle de « découvreur ». Qui décide des collaborations à venir ? Comment les choisissez-vous ? Combien y en a t il chaque saison ? Les thèmes développés par les créateurs rentrent-ils dans ceux de Monoprix ?

Avec mon binôme Laura Toledano, responsable des partenariats, nous sommes à l’affût toute l’année. Nous arpentons les salons professionnels en France et à l’étranger, mais aussi les magazines et les blogs. Nous sommes également très sollicitées.

Nous faisons aujourd’hui entre 8 et 10 collaborations par an, soit un minimum de 4 par saison. Nous tenons à présenter des profils différents, c’est-à-dire aussi bien des créateurs très connus comme Serge Bensimon, Antik Batik, que des créateurs plus pointus et très parisiens comme Roseanna ou Heimstone, mais nous cherchons toujours, comme dans les débuts, des partenariats Monoprix ( il y a une vingtaine d’ années) à être des dénicheurs de talents. Une fois notre sélection faite, nous soumettons nos propositions à Lilian Rosasla directrice textile, maison-loisir.

Parlez-nous des collaborations de la rentrée…

Nous démarrons la rentrée de septembre avec une marque très parisienne Zef qui, justement, se déploie transversalement avec des produits de papeterie pour la rentrée, pour la chambre d’enfant et bien sur la garde-robe bébé, enfant ainsi que la jeune femme .

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En octobre, nous invitons Masscob que nous avons rencontré en Espagne. Ce couple a développé pour la première fois en dehors de leur spécialité (la femme), une ligne homme et enfant. Pour les créateurs, c‘est un amusement et une opportunité d’avoir la possibilité de s’exprimer sur différents terrains. Notre savoir-faire leur permet de tester de nouveaux produits en toute confiance.

Collection Masscob X Monoprix

Collection Masscob X Monoprix

Fin octobre une nouvelle aventure s’offre à nous car nous avons décidé de consacrer notre prise de parole au Dutch Design en sélectionnant 3 designers hollandais : Daphna Laurens, Kranen Gille, Gerard De Hoop. Nous leur avons imposé un sujet cher à Monoprix et très urbain : le tabouret. Ils ont dû nous créer un tabouret dans deux versions. C‘est un nouveau rendez-vous très important et une vraie réussite. Ces tabourets sortiront à 69€ seulement .

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Nous terminerons la saison en invitant mi-novembre la marque Devastée, une collaboration transversale. Le jeune couple a créé des objets de déco mais aussi de la papeterie, de la lingerie féminine et un vestiaire homme et femme.

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La clientèle mode est de plus en plus nombreuse et fidèle à Monoprix, comment expliquez-vous cette success story ?

Peut-être parce que nous  respectons notre stratégie: le beau, le bon, l’accessible à tous et notre clientèle! La notion d’ accessibilité et de qualité est primordiale…

Vous gérez le Style et la Maison de Monoprix, quelles sont les connexions entre ces deux univers à priori distincts ?

En effet par exemple l’univers du bébé et de l’homme sont distincts, mais c’est justement notre force cette transversalité, une même tendance déclinée dans tous les secteurs avec le style Monoprix.

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