Green and the City

28 avril 2016 - Inspiration, Lifestyle

Au mois d’octobre 2015 se clôturait la dernière édition de l’Exposition Universelle sur le thème “Nourrir la Planète, énergie pour la vie”. Dans la banlieue de Milan, cette édition fit basculer le destin de centaines de kilomètres carrés, arborant fièrement leur nouveau profil green. Il faut dire qu’avec le réchauffement climatique, les villes n’ont d’autre choix que d’avoir la main verte. Ainsi le green prend de l’ampleur et le végétal s’émancipe dans les rues, pour le bonheur des citadins.

Le mur végétal du BHV/Marais Homme par Patrick Blanc

Le mur végétal du BHV/Marais Homme par Patrick Blanc

De Bangkok à Sydney, il disperse ses tableaux végétaux sur les façades des immeubles et répand la folie green dans la grisaille citadine. Le botaniste Patrick Blanc et sa mèche verte inventent le mur végétal en 1986. En 30 ans, ils signent plusieurs dizaines d’oeuvres d’art organiques dont le mur végétal de la Fondation Cartier, la façade green du BHV Marais Homme, celle du Musée du Quai Branly et l’oasis vertical de la rue d’Aboukir à Paris. Véritables hymnes à la biodiversité, ses créations botaniques pensées pour verdoyer toute l’année sont à la base du mouvement de reverdie citadine.

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L’oasis végétal de la rue d’Aboukir par Patrick Blanc

Mur végétal de Patrick Blanc, Musée du Quai Branly

Mur végétal de Patrick Blanc, Musée du Quai Branly

Laissant le savoir-faire suspendu entre les mains des experts, les citoyens des villes s’approprient massivement l’horizontalité pour entretenir friches exploitées, toits cultivés et jardins partagés. Réincarnée dans de nouveaux formats, la folie green a d’abord conquis l’Amérique du Nord, où Marie Viljoen, paysagiste et blogueuse déménageait à l’été 2015 son jardin de Harlem pour investir à Brooklyn un appartement avec cour, terrasse en béton et lopin de terre… Entre temps, le jardin en ville a conquis le relief citadin européen et la France s’illustre de plus en plus dans ces initiatives green, collectives ou personnelles.

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Le jardin en terrasse de Marie Viljoen

Le jardin en terrasse de Marie Viljoen

Après le boom des circuits courts à l’initiative d’entreprises et coopératives comme Poiscaille et La Ruche Qui Dit Oui, l’agriculture urbaine est le signe le plus récent de la remise en question des formes de production alimentaire et de leur localisation. En quête d’une plus grande qualité de produit, les habitants des villes modifient leur rapport à l’urbain, synonyme aujourd’hui de nature nourricière. Il y a un an, Marseille comptait ainsi un millier de petites parcelles où l’on cultive son potagers sur une trentaine d’hectares et le succès des jardins urbains continue de modifier les contours des villes jusqu’aux coeur des grandes capitales.

Jardins ouvriers et familiaux dans le XVème arrondissement de Marseille

Jardins ouvriers et familiaux dans le XVème arrondissement de Marseille

À paris, le plan espaces natures et biodiversité prévoit 100 hectares de toits, murs et façades végétalisés, dont un tiers sera consacré à la production de fruits et légumes d’ici 2020. À cela s’ajoute le soutien aux fermes urbaines et autres élevages d’abeilles dont les quelques 600 ruches disséminées dans Paris assurent la diversité des cultures végétales. Vergers, vignes, potagers, poulaillers adaptent donc leur profil rural à la ville, créateurs de liens social et arme indispensable dans le défi de la durabilité. Aux abords de la capitale, la Ferme de Paris a élu domicile sur quelques 5 hectares du bois de Vincennes, le poulailler du jardin de l’Hôtel de Ville ouvrait à Montmartre au début de l’été 2015 et plusieurs dizaines de potagers urbains prévoient de pénétrer les écoles au cour des prochains mois…

Le Park Royal Hotel de Singapour par WOHA Architects

Le Park Royal Hotel de Singapour par WOHA Architects

Le Park Royal Hotel de Singapour par WOHA Architects

Le Park Royal Hotel de Singapour par WOHA Architects

La déferlante green prend également des accents business à travers le monde. Au coeur du quartier d’affaires de Singapour, le Park Royal Hotel s’est mis au vert avec l’intervention de WOHA Architects qui crée en 2013 ce concept d’hôtel de luxe environmental-friendly au design futuriste. 15000 mètres carrés de jardins suspendus, cascades, terrasses jardinières, murs végétaux, système de collecte d’eau de pluie, énergie solaire, système de recyclage de pointe… un véritable exploit pour la biodiversité.

le "Living Wall" d'Anthropologie

le « Living Wall » d’Anthropologie

Concept stores et boutiques attrapent également la fièvre green en ville avec notamment le “Living Wall” d’Anthropologie, qui habille 200 mètres carrés de façade de 14 espèces de plantes sur les trois étages du 158 Regent Street ! Réputée pour ses efforts green, Anthropologie est aujourd’hui rejointe par le concept store Merci qui installe son Urban Market au coeur de Paris. Du 27 avril au 17 mai, l’exposition met en scène le potager urbain avec installation d’un mur végétal Karoo by D.M, nouveau concept de façade écolo composé de modules à assembler pour former la surface de son choix. En prime, poules (vivantes !) et petits paniers green sont disponibles à l’achat !

Urban Market by Merci

Urban Market by Merci

Anamorphose de l'exposition Jardins d'Orient à l'Institut du Monde Arabe

Anamorphose de l’exposition Jardins d’Orient à l’Institut du Monde Arabe

À l’heure où l’éco-responsabilité de tous est requise pour la survie de l’espèce, jardins urbains, façades végétales et autres fermes en ville pullulent sur les vestiges de l’invasion béton. Pour sensibiliser davantage les population, l’Institut du Monde Arabe accueille jusqu’au 25 septembre l’exposition “Jardins d’Orient”, fabuleux voyage sensoriel et végétal à travers cet art millénaire, éveil judicieux sur le sens du mot jardin, signifiant “paradis” en ancien Perse.

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