Les murs du sens II

26 avril 2016 - Inspiration, Lifestyle

Héritiers contemporains des façades artistiques, marques de mode et grands magasins s’emparent de ce courant citadin pour mieux sortir du cadre. À force d’explorer les moindres recoins de leurs vitrines, ils brisent la glace et dévoilent des camouflages urbains d’un nouveau genre…

Louis Vuitton X Takashi Murakami

Louis Vuitton X Takashi Murakami

Rois de la mise en scène, les labels luxe s’emparent avant l’heure de ce souffle vertical pour cultiver leur différence et susciter l’étonnement… Expert en la matière, Louis Vuitton célèbre en 2008 sa légendaire collaboration avec l’artiste Takashi Murakami, recouvrant de monogrammes multicolores la façade de son flagship new yorkais. Au coin de la cinquième avenue, l’imprimé hallucinatoire enveloppe l’espace extérieur pour mieux plonger le passant dans son histoire.

Yayoi Kusama X Louis Vuitton

Yayoi Kusama X Louis Vuitton

Yayoi Kusama X Louis Vuitton

Yayoi Kusama X Louis Vuitton

Quatre ans plus tard, le malletier français renouvelle l’expérience avec une autre pointure de l’art contemporain. Obsessionnelle compulsive du pois, sorte de manifestation de la connexion entre l’Homme et la nature, Yayoi Kusama recouvre l’intégralité de la façade de dodues répétitions tentaculaires pour célébrer sa collaboration avec Louis Vuitton, une ligne de mode intitulée “Infinitely Kusama”. Excroissances artistiques, les pois de Yayoi Kusama plongent cette partie de la ville dans un étrange décor végétal qu’elle semble observer du haut de son émanation bichrome placée au coeur du dispositif de la vitrine…

Pop-up store Taschen

Pop-up store Taschen

Beaucoup plus street, moins gigantique mais tout autant fascinant, le pop-up store Taschen inauguré quelque temps avant Noël dans le quartier du Marais parisien faisait basculer la verticalité murale dans un tourbillon de créatures colorées brisant la grisaille monotone des rues de Paris. Maison d’édition allemande au design traditionnellement sobre, Taschen surprend sa clientèle d’amateurs d’art à travers ce  mur atypique.

Saks Fifth Avenue

Saks Fifth Avenue

Pour Noël, Saks Fifth Avenue dépassait le concept de vitrines via une façade artistique illuminée d’un gigantesque dispositif d’éclairage. Mille et unes nuits au royaume des glaces, l’imposant rempart se transformait en château enneigé sous un ciel étoilé à la nuit tombée…

La façade 150 Printemps

La façade 150 Printemps

L'artiste Astrid Kroch pour les 150ans du Printemps

L’artiste Astrid Kroch pour les 150ans du Printemps

L'artiste Mia Pearlman pour les 150ans du Printemps

L’artiste Mia Pearlman pour les 150ans du Printemps

Pour son anniversaire célébré à partir de mai dernier, le Printemps Haussmann revisitait aussi les illuminations murales dans un savant mélange d’imprimés, de créations 3D et de lumières enchantées. Bien décidé à voir la vie en rose pour ses 150 ans, le grand magasin osait une ode à son nom en recouvrant l’intégralité de sa façade d’une avalanche florale. Plus d’une vingtaine de fleurs et de tiges géantes créaient l’arborescence lumineuse de sa devanture, immense jardin vertical qui n’éclipsait pas pour autant le coeur du dispositif : des vitrines imaginées par onze artistes français et internationaux.

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Selfridges X Rick Owens

Selfridges X Rick Owens

Révisant la verticalité parfois vertigineuse des installations murales, les fleurs en 3D du Printemps trouvent un sérieux concurrent chez Selfridges qui érigeait un colosse de 25 pieds sous les colonnes du flagship d’Oxford Street en septembre 2014. Présidant la canopée du magasin, le torse de Rick Owens réincarné en Samson prométhéen évènementialisait le plus gros projet de designer solo  jamais initié par l’enseigne. Sobrement baptisée “The World of Rick Owens”, cette collaboration dédiait au ciel londonien une mise en scène grandiose, tout en verticalité.

Harrods

Harrods

Plus audacieux encore, le grand magasin Harrods brisait la glace autant que la verticalité pour Halloween en 2009. Clin d’oeil merveilleux au Magicien d’Oz, classique de la littérature anglophone, un immense pied sortant de la boutique façon Gulliver rappelait celui de la méchante sorcière de l’Est écrasée par la maison de Dorothy. Chaussé des fameux souliers de rubis, ce pied en disait long sur l’émancipation des artistes hors les murs

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