Objectif planete !

1 décembre 2015 - Inspiration, Lifestyle

Cette planète s’autodétruira dans deux degrés.

Parce qu’il est urgent de faire de l’écologie la priorité numéro un des politiques internationales, le président Hollande accueillait lundi 150 chefs d’ État dans la capitale française pour l’inauguration de la COP21, conférence des nations unies sur le changement climatique. Six ans après l’échec avoué de l’édition de Copenhague, ce rassemblement constitue l’une des plus importantes conférences diplomatiques jamais organisée en dehors des assemblées générales des Nations Unies à New York ; un sursaut de mobilisation élémentaire à l’heure où la superficie de la banquise diminue de 13% par an.

Objectif Climat - Images satellites de la banquise arctique en septembre 2005 et septembre 2007

Objectif Climat – Images satellites de la banquise arctique en septembre 2005 et septembre 2007

Parisien ou Maldivien, nul n’est passé à côté de la COP21 en ces temps incertains. Alors que la République des Maldives implorait hier les Nations à protéger son île, menacée d’un engloutissement imminent, le président Américain Barack Obama rejoignait le site du Bourget, terre d’accueil de la conférence, accompagné d’un convoi automobile jugé douteux dans un contexte où énergie fossile rime avec épuisement. Quoiqu’il en soit, l’objectif commun aux 150 Chefs d’État est de parvenir à un accord pour l’environnement visant à limiter le réchauffement climatique  d’ici le 11 décembre.

Objectif climat : Les îles Robeson de l’archipel San Blas au Panama menacées par la montée des eaux

Objectif climat : Les îles Robeson de l’archipel San Blas au Panama menacées par la montée des eaux

Pourtant, d’aucuns condamnent amèrement l’impact carbone et l’hypocrisie d’un tel rassemblement, à l’image du mouvement britannique Brandalism, ayant piraté 600 panneaux publicitaires de Paris et Île-de-France dans la nuit de vendredi. En ligne de mire, les partenaires douteux de la lutte pour le climat,  notamment Total, dont la devise a été transformée en “Notre philosophie : vous n’avez pas besoin de savoir”… Pour l’occasion, quatre-vingt-deux artistes dont Banksy, Arnaud Liar ou Alex One, se sont mobilisés pour afficher leurs oeuvres d’art dénonçant les couacs de la COP21. À la veille de la sortie du documentaire “Demain”, de Mélanie Laurent et Cyril Dion, le débat sur l’efficience du politique en matière de climat est plus qu’omniprésent.

Objectif climat - Les détournements massifs de Brandalism

Objectif climat – Les détournements massifs de Brandalism

Porté par un optimisme assumé qui coupe l’herbe sous le pied des derniers drames écologiques du 7ème Art, de San Andreas à Interstellar, “Demain” rappelle à l’ordre les anonymes du monde, soulignant que scientifiques et homme politiques ne doivent pas être seuls dans la lutte pour le climat. Et puisque l’enjeu touche à la fin possible de l’humanité, l’initiative doit venir de tous, l’action doit être générale, et des solutions simples existent partout dans le monde pour changer nos modes de vie…

Dans tous les domaines, et à tous les niveaux de l’échelle sociale, des personnalités s’engagent pour la sauvegarde de la planète. Quand sept grands illustrateurs de BD prennent leur crayon pour offrir leur vision de l’avenir dans Madame Figaro (“Climat, quel avenir se dessine ?”), René Redzepi, chef du Noma, restaurant de Copenhague élu plusieurs fois meilleur table du monde, pousse la production locale et de saison jusqu’à annoncer son installation dans une ferme urbaine d’ici 2017. De son côté, l’héritière Hermès, Pascale Mussard, fait exploser l’upcycling avec Petit H, ligne de design qui offre une seconde vie aux matières de luxe à travers la création d’objets de design en édition limitée baptisés OPNI (Objets Poétiques Non Identifiés). Et lorsque Sakina M’Sa, designer de mode connue pour créer des vêtements à partir de chutes de tissus griffés lance Front de Mode, un “magasin manifeste” qui distribue des marques respectueuses d’un “écosystème de la mode au XXIème siècle” ; le BHV Marais lance aussi son premier espace éphémère de sacs griffés de seconde main jusqu’à fin décembre…

Le chef René Redzepi dans son restaurant de Copenhague, le Noma

Le chef René Redzepi dans son restaurant de Copenhague, le Noma

En parrallèle de la COP21, les initiatives ne manquent pas et sont même de plus en plus concrètes, soutenues par la tendance de fond qu’est le mouvement Slow. Food, TV, fashion, life… Visant à freiner la course contre la montre imposée par la surproduction et la surconsommation mondiales, ce mouvement Slow s’affichait jusqu’au mois d’octobre à l’Expo Milano 2015 mais également chez Merci pour son expo de rentrée. Baptisée “Slow life by Merci”, l’exposition menée par le concept store parisien invitait à embrasser une sagesse de rigueur, tout en alertant sur l’urgence de prendre son temps…

Slow life by Merci

« Slow life by Merci »

Consommer mieux et moins pour réduire ses déchets et leurs effets dévastateurs sur le climat, c’est le pari fou que s’est lancée la ville de San Francisco. Alors que Copenhague s’affiche fièrement comme la première capitale neutre en CO2, le projet “Zero Waste” de San Francisco vise le titre honorifique de green modèle pour 2020. Mené par l’objectif d’être la première ville à réussir l’élimination et le recyclage de 100% de ses détritus à échéance, le projet zéro déchet mobilise chacun de ses 850 000 citoyens. Après avoir imposé en 2009 l’usage de trois poubelles de tri sélectif par ménage, avec imposition selon leur taille, les instigateurs du projet peuvent se vanter de leur production de compost à partir de nourriture périmée ; une aide précieuse pour réduire la consommation d’eau dans un état de Californie concerné par la sécheresse. Pionnière de l’écologie, San Francisco, parvient également à produire de l’électricité grâce aux gaz produits par ses déchets “indestructibles” enterrés.

Selon Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies "il n'y pas pas de plan B car il n'y a pas de #planète B"

Selon Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies « il n’y pas pas de plan B car il n’y a pas de #planète B »

Si San Francisco recycle aujourd’hui 66% de déchets, l’objectif « Zero Waste » s’annonce difficilement atteignable à moins de réduire drastiquement son mode de vie, sans compter le conflit social engendré par cette vaste reprise écologique, qui creuse les inégalités et laisse pour compte SDF et familles en difficulté financière… Pourtant, le combat pour la vie n’est pas une option, et les politiques de la COP21 devront notamment dégager des solutions pour régler ces nouveaux conflits écologiques.

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