VERT D’INTÉRIEUR

24 janvier 2017 - Inspiration, Lifestyle

« Greenery symbolise la reconnexion que nous recherchons avec la nature et avec autrui » décryptait en début d’année Leatrice Eiseman, directrice exécutive du Pantone Color Institute, officialisant ainsi ce vert frais et épicé comme la couleur 2017. Se mettre au vert est inconditionnellement tendance… Le Salon du Bien-être à Paris, qui ouvre ses portes ce 26 janvier, l’affirme avec une édition pensée autour de la cosmétique naturelle et la création d’un bar à plantes pour l’occasion. Emergé dans les années 2000 avec la floraison de murs végétaux à travers le monde, ce « besoin de vert » accompagne aujourd’hui les politiques d’urbanisme et la préoccupation climatique si actuelle. Un mouvement dont on en parle même depuis l’espace grâce à l’astronaute Thomas Pesquet, actuellement en mission Proxima, qui parvient à manger quelques aliments cultivés à bord de sa station spatiale ! Quelles sont les plantes qui font parler aujourd’hui, et pourquoi ? Quel est le nouveau vert ?

Greenery, la couleur de l'année 2017 selon Pantone.

Greenery, la couleur de l’année 2017 selon Pantone.

Green is the new black! Les enquêtes sociologiques le disent : quand l’homme est loin de la nature, il s’affaiblit physiquement et perd le moral. Le besoin de nature de proximité est vital. À l’heure où 80% de la population est urbaine, le contact avec la nature semble perdu… Heureusement, l’urbanisme bétonné de ces dernières décades fait face à l’émergence d’une biophilie grandissante chez les jeunes générations, en complément des appréhensions climatico-écologiques et des pics de pollution qui rythment l’actualité et régissent notre quotidien. La nature est déjà bien installée dans nos assiettes avec l’éclosion des mouvements bio, végétarien et autres locavore. Mais autour de nous, comment répondre à ce besoin de nature dans des espaces toujours plus étriqués et citadins ?

Les nouvelles plantes à la mode.

Les nouvelles plantes à la mode.

« Le monde entier, est un cactus ! » mais pas seulement : succulentes, tillandsia et bien d’autres sont les nouvelles plantes qui fleurissent en intérieur. Pourquoi ? Si elles nécessitent peu d’entretien, sont ultra-résistantes et prennent peu de place, c’est aussi parce qu’elles sont devenues de véritables objets design. Détournement de mobilier, variétés de toutes sortes, toutes tailles, propriétés inédites (les cactus ont le don d’absorber les ondes !), une esthétique « Instagramable », et que l’on peut trouver partout… Fini le bouquet de fleurs : fougères, eucalyptus asiatique, bassins miniatures et autres plantes suspendues sont le nouveau cadeau à la mode, parce qu’elle s’accompagne aussi d’une installation moderne et souvent artistique, à l’image des terrariums géométriques, des bulles de verre à suspendre, des serres miniatures ou encore des murs végétaux pour la maison qui mettent à l’amende le pot de fleur.

Le fycus lirata dans la boutique Céline de Soho.

Le fycus lirata dans la boutique Céline de Soho.

Avant de s’épanouir chez le particulier, le nouveau végétal bourgeonnait depuis quelques printemps chez les créateurs et dans des adresses branchées. Il y a 5 ans, le ficus lyrata revenait sur le devant de la scène grâce à Phoebe Philo, directrice artistique de Céline, qui en a garni toutes ses boutiques. Décembre dernier, au coeur de l’hiver new-yorkais, ce sont les enseignes Club Monaco et Bergdorf Goodman qui ont imaginé des vitrines botaniques pour présenter leurs collections. L’ambiance tropicale pousse également dans les restaurants parisiens, à l’instar de Klay Saint Sauveur, de L’Alcazar et sa verrière « jungle » ou encore de l’Hôtel C.O.Q et son jardin d’hiver orné de plantes exotiques. Grâce à une nouvelle génération d’architectes et de décorateurs d’intérieur, euphorbes, lithops et bien d’autres poussent dans les hot spots, garantissant une photogénie au lieu, et chaleur et convivialité au décor.

Capture d’écran 2017-01-24 à 18.57.35

La vitrine Bergdorf Goodman en décembre 2016 à New York.

Capture d’écran 2017-01-24 à 18.58.01

La vitrine Club Monaco en décembre 2016 à New York.

Hier, Maria Grazia Chiuri, nommée en juillet dernier chez Dior pour succéder à Raf Simons, transformait le Musée Rodin en jungle luxuriante et féérique pour le défilé Dior Haute Couture.   5 00m2 ,1 000m2 de mousse des bois au sol, 400 00 tiges de buis pour les assises, 80 000 branches de liège, 500 plantes !
Les mannequins vêtus de la collection Printemps/Été 2017 déambulaient ainsi dans un labyrinthe végétal créé pour l’occasion par Eric Chauvin où flottait une odeur d’herbe fraîchement coupée, non loin d’un arbre magique orné de cartes de tarot. Les fleurs si chères à Christian Dior étaient enserrées dans le tulle des robes, évoquant un herbier. Là encore, c’est sur une robe de cocktail que sont brodées des fleurs en raphia, ou bien une jupe de pétales de paillettes…

 

dior_haute_couture_ss17_finale_-r_adrien_dirand

Défilé Dior Haute Couture – SS 17

Où trouver ces nouvelles plantes ? À cette question, les boutiques spécialisées et concept-store à la communication persuasive pullulent ! C’est le cas de Bobart, éclos au printemps dernier dans le quartier du Marais à Paris. Le concept : un troquet à l’esprit jungle duquel on peut repartir les bras chargés de végétaux grâce à son bar à plantes et ses 1001 variétés bien agencées dans des pots aux allures graphiques. Non loin de là, c’est Fleux, temple de la déco ultra-branchée, que l’on trouve des installations suspendues et autres terrariums pyramidaux qui n’attendent qu’une plante pour prendre vie. Et si ces messieurs ont la main verte, ils peuvent aussi se rendre à La Garçonnière, concept-store masculin dont le rayon « curiosités végétales » n’a rien à envier à Jardiland !

Le bar à plantes de Bobart à Paris.

Le bar à plantes de Bobart à Paris.

La décoration végétale chez Fleux.

La décoration végétale chez Fleux.

Envie d’un concept-store entièrement dédié ? Rendez-vous aux Mauvaises Graines, adresse incontournable du Marais, quartier décidément cultivateur de tendance… Le paradis des plantes est ici puisqu’on y trouve quantité de bulbes, fleurs, arbres, arbustes et germes mais aussi du design, du mobilier végétal et autres réjouissances printanières. Dans le 10e arrondissement de Paris, c’est à la Green Factory qu’il faut passer pour découvrir des paysages verdoyants miniaturisés. Le jardinier et fondateur Noam Levy y crée des jardins de verre autosuffisants et personnalisés, à transporter partout. Enfin, pour les mauvais élèves du jardinage, c’est à La Grande Serre qu’il faut se rendre. Ici, un expert sélectionne les plantes qui nous correspondent selon nos goûts et nos besoins. Celles-ci sont ensuite livrées à domicile par l’expert qui les rempotent sur place, et qui reviendra tous les mois pour les entretenir !

Noam Levy en pleine création à la Green Factory.

Noam Levy en pleine création à la Green Factory.

Avec le phénomène nouveau vert, les aficionados du do it yourself ne sont pas en reste. À ce jeu, c’est le kokedama qui remportent tous les suffrages. Cette décoration végétale japonaise séduit pour sa simplicité de réalisation et son esthétique épurée. Les fleuristes Ikebanart et Mama Petula proposent même des ateliers pour en confectionner soi-même, repartir avec ou les offrir… Pour les plus avertis, c’est l’écosystème végétal qui captive. Il suffit de surveiller les premières semaines l’hydrométrie pour ensuite ne plus jamais avoir à arroser. Choix de la plante, choix du bocal : un DIY complet !

Avec l’art de la bouture, la nouvelle main verte s’apparente aussi aux réseaux sociaux. Le concept ? Récupérer un bout de plante aperçue chez un ami pour le rempoter chez soi et obtenir la petite soeur quelques jours plus tard. Un procédé qui fonctionne particulièrement avec les plantes grasses.

La famille de kokedamas chez Ikebanart.

La famille de kokedamas chez Ikebanart.

Le vert inspire. Les artistes, les artisans, mais aussi les entrepreneurs. En témoignent les applications Groww et Plantnet, coach pour jardinier en devenir pour la première et shazam des plantes pour la seconde. Le vert comme lien social et conscience responsable, c’est aussi ce que propose la Mairie de Paris depuis le printemps 2016 avec son permis de végétaliser. Les parisiens peuvent désormais faire la demande d’un espace public pour jardiner, répondant ainsi à la nécessité de ramener la verdure dans l’espace urbain, afin que la nature reprenne ses droits…

Alizee Perrin

© dailyshopwindow.com | http://bit.ly/2jtGGcR