François Truffaut Nouvelle Vague

22 octobre 2014 - News

Voilà trente ans que l’un des réalisateurs les plus cultes du cinéma français fut emporté brutalement par une tumeur cérébrale. Aujourd’hui, la Cinémathèque rend hommage à François Truffaut à travers une rétrospective de sa filmographie couplée d’un cycle de films de cinéastes qui revendiquent son influence, mais aussi à travers une exposition dévoilant un aspect plus intime de ce boulimique de cinéma.

Jusqu’au 25 janvier 2015, on peut donc à la fois découvrir ses vingt-et-un longs métrages rassemblés par Serge Toubiana, Directeur Général de la Cinémathèque Française et commissaire de l’exposition, ainsi qu’un court-métrage inédit, des interviews, des dessins, photographies et documents manuscrits qui dressent un portrait mal connu de ce cinéaste et théoricien de la Nouvelle Vague.

Francois_Truffaut

Témoin de son temps à travers une oeuvre intense, mêlant avec justesse humour et tendresse, intimité et sincérité dans une esthétique très sixties. Ancien critique de cinéma autodidacte qui se lance en 1957 dans la réalisation sans expérience du cinéma, il se dresse avec ses camarades de la Nouvelle Vague contre le cinéma de consommation, cinéma officiel anti-créatif et dépourvu d’originalité, défendant un cinéma d’auteur miroir de son époque. 

François Truffaut et Catherine Deneuve sur le tournage du Dernier Métro

François Truffaut et Catherine Deneuve sur le tournage du Dernier Métro

Adepte du Noir et Blanc parce qu’il aide à « retrouver le charme disparu », ce cinéaste de la sensibilité est l’un des emblèmes les plus importants de la Nouvelle Vague. Connu internationalement, il obtiendra d’ailleurs l’oscar du meilleur film étranger en 1974 pour « La Nuit Américaine« , une réalisation qui place comme sujet central son amour pour les tournages de cinéma dans une mise en abyme digne du cinéphile qu’était François Truffaut. Réalisateur culte pour son témoignage réaliste de l’époque qui le vit s’épanouir, son « Dernier Métro » sera également récompensé de dix césars en 1981. 

Jules et Jim, 1962

Jules et Jim, 1962

« Je fais des films pour réaliser mes rêves d’adolescent, pour me faire du bien et, si possible, faire du bien aux autres ». Les films de Truffaut, clichés instantanés, sont un condensé de l’air du temps. Du début des Trente Glorieuses aux révoltes étudiantes en passant par la Guerre d’Algérie et le mouvement de libération des femmes, ils transmettent l’esthétique sixties en cela qu’ils traduisent avec une légèreté très populaire l’évolution de la société. Abordant des thèmes fédérateurs comme l’enfance, l’éducation sentimentale et la passion amoureuse comme dans « Jules et Jim », son troisième film qui met en scène une histoire d’amour à trois, François Truffaut parle au plus grand nombre. Son implication dans la réalité et la sensibilité de son époque possède une véritable dimension anthropologique qui le pousse à filmer le même acteur à différents stades de sa vie dès le début des années soixantes à travers son personnage Antoine Doinel.

L'actrice Claude Jade et François Truffaut sur le tournage de Domicile Conjugal (1970)

L’actrice Claude Jade et François Truffaut sur le tournage de Domicile Conjugal (1970)

Mais l’esthétique sixties ne se résume pas à la légèreté apparente de ses réalisations. Animée d’un vent de liberté, l’oeuvre cinématographique de François Truffaut, ancien adolescent délinquant et déserteur récupéré aux Cahiers du Cinéma en 1953 par un André Bazin convaincu de son talent journalistique, se veut une dimension plus profonde et plus engagée que le documentaire d’Alexandre Moix « François Truffaut, l’Insoumis » transcrit avec justesse. Diffusé sur Arte le week-end du premier novembre, ce documentaire sur sa vie complète les pièces manquantes du puzzle Truffaut, cinéaste prolifique presque sage et trop rangé. Peu connu, l’aspect plus sombre et plus torturé de l’écrivain défenseur de littérature dans Fahrenheit 451 est dévoilé sans ambages durant cinquante-trois minutes où l’on découvre un Truffaut en colère contre son époque.

 Écorché vif, François Truffaut se révèle pilier des revendications late sixties. Se disant « contre la société mais pas d’une façon forcenée », « contre la notion de société », il se mêle aux manifestants qui stoppent le Festival de Cannes en 1968. À travers ce geste peu anodin mais légitime pour le cinéaste populaire qu’était Truffaut, il défend sa vision de l’artiste qui doit selon lui « être un sceptique, celui qui râle et qui doute ».

Catherine Deneuve, Jean-Paul Belmondo et François Truffaut sur le tournage de La Sirène du Mississipi

Catherine Deneuve, Jean-Paul Belmondo et François Truffaut sur le tournage de La Sirène du Mississipi

Libre de pensée mais aussi d’amour, François Truffaut est le sujet de son propre film, « l’Homme qui aimait les Femmes » (1977). Séducteur en série amoureux de chacune de ses héroïnes, il vivra une histoire d’amour discrète avec Catherine Deneuve, l’une des plus grandes icônes du glamour sixties après Bardot, qu’il dirigera dans « la Sirène du Mississipi » aux côtés de Jean-Paul Belmondo, et aura une fille avec son dernier amour Fanny Ardant, héroîne de « Vivement Dimanche !« .

Fanny Ardant dans le film Vivement Dimanche !

Fanny Ardant dans le film Vivement Dimanche !

Cinéaste léger, populaire, engagé, politisé, amoureux de l’amour et adorateur de la femme, François Truffaut est un artiste à l’esprit sixties en tous points. Chef de file de la Nouvelle Vague, il revient aujourd’hui dans un rôle posthume que le grand public ne lui connaissait pas : écrivain passionné et homme torturé. Un angle de vue nouveau qui transforme son Noir et Blanc légendaire et le rapprocherait presque a posteriori d’une certaine esthétique à la Slimane

Retrouvez les vitrines inspirées des sixties sur notre site dailyshopwindow.com

dailyshopwindow-vitrines-créatives-creative-windows-vitrines-magasins-windows-shop-Celine_03_8997_17OCT

Céline, Paris, 17/10/14

dailyshopwindow-vitrines-créatives-creative-windows-vitrines-magasins-windows-shop-MIU-MIU_14SEPTEMBER21

Miu Miu, Milano, 21/09/14

© dailyshopwindow.com | http://bit.ly/1tdsTIH