REVOLUTION 3D

2 mai 2017 - Design/Art, Lifestyle, News

Troisième révolution industrielle, phare de l’industrie du 21ème siècle: si l’on a encore du mal à statuer sur l’impression 3D, il est cependant inévitable de ne pas y voir le bouleversement et l’innovation qu’elle représente. Révélée au grand public dans les années 2010, elle n’en finit pas de faire l’actualité.  Son marché mondial représente près de 3 milliards d’euros et ce phénomène va connaître une montée fulgurante. Industries, artistes, créateurs de divers domaines : nombreux sont ceux qui s’intéressent à cette révolution 3D.

ART ET DESIGN…

Preuve de l’intérêt que suscite cette révolution 3D, l’exposition que lui consacre le centre Pompidou sur le thème « Imprimer le monde ». À travers une sélection d’une quarantaine de créateurs, l’installation questionne les mutations des formes au sein d’une nouvelle matérialité digitale.

On y découvre notamment la Growth Titanium Table imaginée par l’artiste danois Mathias Bengtsson (Prodways). L’oeuvre conjugue l’art, l’artisanat et les hautes technologies. Pour la réalisation, Mathias Bengtsson a développé un logiciel inédit de simulation de croissance organique à travers une grille paramétrique au sein de laquelle il laisse les algorithmes se développer… C’est comme si la Nature était à l’origine de cette table, dont la fabrication a pourtant été assistée de façon numérique.

Growth Titanium Table, Mathias Bengtsson, 2016

Growth Titanium Table, Mathias Bengtsson, 2016

 

Couplée à l’exposition « Imprimer le monde », la rétrospective dédiée au designer Ross Lovegrove fait se converger art, design, technologie et nature. Recourant depuis ses débuts aux avancées des technologies numériques, ses créations aux formes dynamiques soulignent les mutations digitales tout en étant marquées par une conscience durable du monde…

LUXE ET MODE…

À la course à cette nouvelle révolution 3D, c’est la société française Prodways qui fait figure de champion. Spécialisée dans les hautes technologies et les matériaux d’impression 3D, l’entreprise s’est dotée d’une division dédiée aux métiers créatifs du luxe, de l’art et du design: Initial les créations.  

Sa force est sa capacité à travailler sur des projets impossibles à réaliser, autrement qu’en impression 3D. Pour Catherine Gorgé, directrice de la division, c’est l’occasion pour ne plus avoir de limites, ne plus avoir peur des formes complexes et des matériaux innovants. L’intérêt pour l’industrie de la mode est de gagner du temps, d’avoir accès à une technologie  « sur-mesure » et ne pas prendre de risque grâce à une conception ultra-précise.« Nous travaillons avec des brodeurs, des plumassiers, des maroquiniers, des sculpteurs… La main et l’impression 3D s’enrichissent mutuellement au quotidien » explique Catherine Gorgé. (@initial_lescreations )

Maille 3D - @initial_lescreations

Maille 3D – @initial_lescreations

3d flowers for Merci - @initial_lescreations

3d flowers for Merci – @initial_lescreations

silver 3d printed jewel - @initial_lescreations

silver 3d printed jewel – @initial_lescreations

 

Pour la créatrice Iris Van Herpen, la technologie peut étendre nos sens, ouvrir notre vision du monde. Elle qui bouleverse le monde de la mode par ses créations d’avant-garde voit en l’impression 3D l’occasion de garder son essence futuriste tout en se rendant commercialement plus accessible.

 

Passionné d’innovation, le créateur Julien Fournié s’est démarqué par son audace créative. Il a par ailleurs fondé le Fashion Lab: « Le Fashion Lab est le vivier créatif de la 3D. C’est un véritable cabinet de recherche : d’un côté, on crée des solutions et les outils du futur et de l’autre on réfléchit plus largement à l’avenir de la mode ». Pour le créateur français, la Haute Couture est un premier test, mais ces techniques devraient s’étendre par la suite au prêt-à-porter.

FashionLab et Julien Fournié : projet Phénix

FashionLab et Julien Fournié : projet Phénix

 

En avril 2017, Adidas lance sa première chaussure à la semelle imprimée en 3D réalisée en collaboration et devient  le premier fabricant de sneakers à produire et vendre en grande série une paire confectionnée grâce à cette technologie de pointe. L’argument principale de la Futurecraft 4D ? La personnalisation ultra-précise, aussi bien dans la forme avec une semelle adaptée à la morphologie et la foulée du porteur.

Under Armour emboitait le pas juste après Adidas en présentant son modèle ArchiTech Futurist, là encore un modèle de chaussure de sport censé offrir de l’amorti et du support grâce à un maillage imprimé en 3D. La chaussure a été mise en vente en édition limitée pour 300 euros.

Under Armour, Architech Futurist

Under Armour, Architech Futurist

 

À l’occasion de la Fashion Week de New York, Epson présentait sa collection imprimée en 3D. Grâce à son service « Digital Couture », le géant japonais peut concevoir des vêtements sans aucune limite et les fabriquer en peu de temps…

ARCHITECTURE ….

Automobile, mode, santé : la révolution 3D débarque dans de nombreux domaines dont l’architecture. Le chinois WinSun est capable de réaliser des murs entiers en quelques heures avec son imprimante 3D, qu’il assemble ensuite à l’aide d’une grue. Il a déjà présenté une résidence de six étages réalisée dans la ville de Suzhou.

Le moscovite Apis Cor faisait le buzz en diffusant début mars une vidéo de construction en 24 heures d’une maison de 38 mètres carrés pour la modique somme de 10 134 dollars !

Demain, tous créateurs ?

Si de nombreuses industries s’y sont confrontées, demain l’impression 3D s’invitera chez les particuliers, offrant de multiples possibilités de personnalisation des objets. Mais cette pratique s’accompagne surtout de modifications drastiques des modes de consommation. En évitant la surconsommation, l’impression 3D permet en effet d’imaginer une consommation plus responsable et peut être redéfinir l’acte d’achat…

Alizee Perrin

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