TATI, PAS FINI ?

28 mars 2017 - Editorial, News

Rendez-vous immanquable du quartier Barbès, Tati est aujourd’hui menacée, victime de la crise de l’habillement qui n’aura pas épargné cet amiral du concept « petits-prix » implanté dans le 18e arrondissement de Paris depuis près de 70 ans. Si pour l’heure la marque du groupe Eram est officiellement en vente, nul ne peut dire si elle est vouée à disparaître, ou se réinventer… Retour sur l’histoire d’une enseigne pionnière du discount textile, devenue un véritable mythe.

Tati, temple du discount dans le 18e arrondissement de Paris.

Tati, temple du discount dans le 18e arrondissement de Paris.

C’est en 1948 que le premier magasin Tati voit le jour sur une idée de Jules Ouaki, immigré tunisien qui vient d’arriver à Paris. L’enseigne présente alors un slogan percutant pour l’époque : « Tati, les plus bas prix » et très vite, les clients s’emparent des 50m² proposant du textile discount comme jamais vu ailleurs. Le succès étant au rendez-vous, la boutique s’agrandit chaque année jusqu’à atteindre les 2 800m² qu’on lui connait aujourd’hui boulevard Barbès, sans compter les nombreuses adresses ouvertes à travers la France et les quelques-unes au Moyen-Orient.

Jules Ouaki, le fondateur de Tati.

Jules Ouaki, le fondateur de Tati.

Depuis ses débuts, Tati s’adresse aux démunis sans jamais les avoir trahi ni oublié pendant près de 70 ans. La relation entre l’enseigne et ses consommateurs a donc dépassé les triviales « bonnes affaires » pour s’inscrire dans le coeur des Parisiens, issus de tout milieux sociaux. Roi du discount, Tati a transformé le shopping bon marché en véritable art de vivre et de consommer. Cette influence n’aura pas manqué d’inspirer d’autres acteurs du monde de la mode, et parfois même du luxe. Jusqu’à la ré-interprétation du célèbre imprimé Tati. Retour sur une fashion saga:

Logo TATI

Logo TATI

1950, Madame Ouaki déniche une imprimé vichy rose et blanc au marché Saint Pierre et donne naissance au mythique logo Tati et devient le symbole graphique d’un des quartiers le plus populaire de Paris; Barbès-Rochechouart.

Cabas Tati

Cabas Tati

1962, Le premier cabas Barbès, du nom de l’adresse du premier magasin de l’enseigne, sort en vichy et à carreaux. Révolutionnaire, en polypropylène, il est lavable, léger et de grande contenance. La version à carreaux s’impose et créée le fameux tartan Tati. Jamais déposé, cet imprimé va faire le tour du monde !

Marc Jacobs pour Louis Vuitton

Marc Jacobs pour Louis Vuitton

En 2006, Marc Jacobs nous donne une copie de luxe pleine d’humour  en cuir tressé du sac Barbès pour Louis Vuitton.

Céline A-H 2013-14

Céline A-H 2013-14

En 2013, c’est au tour de  Phoebe Philo, directrice artistique de Céline de s’emparer du célèbre tartan sur quelques pièces de sa collection automne-hiver 2013-2014.

Collection Tati- 2014

Collection Tati- 2014

Mais c’est en 2014 que la marque se décide enfin à décliner son mythique carreau sur des pièces de prêt-à-porter super désirables à mini prix. Un vrai tabac !

Tati x Azzedine Alaïa, 1991.

Tati x Azzedine Alaïa, 1991.

Bien avant les collaborations H&M, très attendues chaque année, Tati avait déjà proposé des collections capsules. Au début des années 1990, le couturier Azzedine Alaïa avait imaginé une série d’objets en reprenant le mythique vichy rose et blanc. T-shirts et espadrilles se sont arrachés, le sac s’étant même retrouvé au mariage d’Elizabeth Taylor, arboré par le mannequin Bettina Graziani !

William Carnimolla pour Tati aux Galeries Lafayette.

William Carnimolla pour Tati aux Galeries Lafayette.

Depuis cette collaboration fructueuse, Tati a régulièrement renouvelé l’expérience : en 2013, William Carnimolla signait 8 robes de mariée. 

Tati x Mademoiselle Agnes

Tati x Mademoiselle Agnes

Tati x Mademoiselle Agnes, Fashion Barbes Day

Tati x Mademoiselle Agnes, Fashion Barbes Day

A l’occasion de la collection Fashion Barbès Day, Mademoiselle Agnès sélectionnait pour l’enseigne 7 créateurs différents pour dessiner une trentaine de pièces allant des maillots de bain aux bijoux en passant par les combis, foulards et autres accessoires.

En 70 ans, Tati a donné au discount ses lettres de noblesse, transformant plus que la façon de consommer un quartier à part entière, une époque et un état d’esprit, faisant du low price le new cool pendant près de 70 ans. Tati, pas fini ?

Alizee Perrin

© dailyshopwindow.com | http://bit.ly/2nwUI1V